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Interview d’une avocate

mercredi 1er mai 2019 par Joëlle Mirabaud

Les élèves de l’enseignement d’exploration "Littérature et société" ont réalisé 3 interview dans le CDI de notre lycée. Les vidéos réalisées ont été transcrites.
Bonjour Madame, voulez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Christine. Même si je me suis mariée depuis, j’ai professionnellement gardé mon nom de jeune fille car j’ai prêté serment sous ce nom. Pour exercer sa profession, tout avocat doit prêter serment devant la Cour d’appel de son Barreau. Au cours de cette cérémonie, je me suis engagée à respecter les principes essentiels de ma profession. Voici ce serment : « Je jure, comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ».

En quoi consiste votre métier ?
Les tâches quotidiennes d’un avocat sont très nombreuses, dépendent de ses clients, son lieu d’exercice et sa spécialité. Dans tous les cas, son objectif est de défendre ou conseiller des personnes physiques ou des personnes morales (entreprise, institution, association...). On pourrait dire que les avocats exercent des métiers différents :
- droit pénal où on s’occupe de la délinquance, des criminels, on va souvent les voir en prison pour pouvoir les défendre,
- droit des affaires qui sont beaucoup moins en contact avec les tribunaux, ils s’occupent par exemple des rachats de sociétés,
- moi, je fais du contentieux généraliste, je défends mon client auprès des tribunaux en litige avec une autre personne. Défendre son client, c’est le conseiller face à la complexité des lois en vigueur, l’assister lors d’une garde à vue dès le début de celle-ci et aider à la négociation entre deux parties pour éviter un procès.

Qu’avez-vous fait comme études ?
Après le master de droit, il y a le CRRPA (centres régionaux de formation professionnelle pour avocat). La formation dure 18 mois et s’organise selon 3 modules : 6 mois de formation, 6 mois consacrés à un projet pédagogique spécialisé, 6 mois dans un cabinet d’avocat à l’issue duquel on passe le CAPA, certificat d’aptitude à la profession d’avocat.

Quel est le salaire d’un avocat ?
Le salaire est différent selon l’ancienneté, l’ordre a instauré un barème pour les 2 premières années de façon à éviter les abus. Le salaire mensuel de débutant est de 1500€ puis ce salaire augmente chaque année jusqu’à 9000€ en moyenne. Pour moi, c’est différent puisque je ne suis pas salariée, j’ai créé mon propre cabinet et mon salaire varie selon mes clients et l’horaire que je pratique.

Avec le temps, votre métier vous plait-il toujours autant ?
On apprend tous les jours et c’est pour ça que je l’aime. Le rapport avec les clients est plus facile, aussi je préfère mon métier aujourd’hui.

Combien d’heures travaillez-vous par jour ?
On sait quand ça commence mais pas quand ça se termine, que ce soit les recherches ou la plaidoirie. Je travaille beaucoup, le soir tard, les week-ends… il faut aimer travailler pour être avocat.

Selon vous, qu’est-ce qu’une bonne avocate ?
C’est celle qui arrive à gérer son client, qui en obtient la confiance.

Y a-t-il une anecdote qui vous a marqué ?
J’ai fait toutes mes études dans le droit pénal et je voulais me spécialiser en droit pénal des mineurs. Ma mère, qui est aussi avocate, m’a dit de visiter au moins une fois une prison car en droit pénal on doit aller souvent y voir ses clients. J’y suis allé avec un ami avocat. Son client, un jeune homme très baraqué, c’est mis à pleurer car il ne supportait pas d’être associé avec ces autres prisonniers qui ont fait bien plus grave que lui. Moi, sans m’en rendre compte, j’ai versé une larme. Mon copain m’a sorti vite du parloir et m’a engueulé « Tu ne peux pas pleurer, tu es là pour le soutenir, le rassurer ». Là, j’ai su que le pénal n’était pas pour moi, il ne faut pas être dans l’empathie. C’est pareil pour le droit de la famille car je ressens trop la douleur des parents quand leurs enfants sont en jeu.
Je voulais vous dire pour finir que la robe des avocats parisiens est dépourvue d’hermine au bout de l’épitoge (bande de tissu distinctive portée par-dessus la toge) contrairement au reste de la France, c’est dommage. De toute façon, je ne peux pas porter ma toge car je ne travaille pas en tribunal…

Nous avons terminé, merci beaucoup !


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