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PEAC Roméo et Juliette – Théâtre et danse du point de vue des SVT

vendredi 9 mars 2018 par Joëlle Mirabaud

Problématique : La communication humaine se base sur le langage oral et écrit.
La communication orale peut être modulée par les attitudes corporelles, les expressions du visage. L’art des comédiens et des danseurs est aussi de recréer l’expression d’une émotion aussi bien sur le visage que par l’attitude corporelle.
En tant que spectateur, à quoi réagit-on ? Cette réaction est-elle toujours consciente ?

Les classes de 2°1, 2°5 et 2°7 ont exposé au CDI leurs productions sur les émotions, le langage gestuel et les organes nécessaires pour accomplir les gestes de la danse ou du théâtre.

Les bases de la communication non verbale : Les émotions sont omniprésentes dans notre quotidien. Plus destinée à être vue qu’à être ressentie, leur expression est, le premier mode de communication. Elles sont également indispensables à l’élaboration de la pensée et du comportement ; une personne qui en serait totalement dépourvue ne pourrait mener la moindre vie sociale.

La danse : un langage à par entière
« L’action, dans la danse, c’est l’art de faire passer les émotions et les actions dans l’âme du spectateur par l’expression vraie de nos mouvements, de nos gestes et de notre corps » Georges Noverre, dans ses lettres sur la danse et le ballet (1759
« La danse est un langage universel qui, en fait, s’adresse à l’homme total et non pas à cette petite partie du corps, cérébrale, intellectuelle et plus ou moins vide. Ce n’est pas une mode, c’est une soif ! Le succès actuel de la danse n’est pas dû à tel ou tel chorégraphe à telle ou telle compagnie, il est dû à la danse ! » Maurice Béjart
« On peut mentir très facilement avec les mots, ce sont des véhicules parfaits du mensonge, mais on ne peut jamais mentir avec le corps... » Maurice Béjart
« Au cours de la danse, la communication ne se fait pas seulement entre les esprits et les hommes, mais entre les membres de la communauté. » Kashemwa CISHUGI
« A travers les civilisations, la danse a toujours joué et joue encore un rôle prépondérant parmi tous les arts de mouvement ; rôle d’expression, de pensée et de communication. Pour arriver à jouer pleinement ce rôle de langage et de communication, la danse possède en elle-même une sorte de code qui dépasse le langage articulé. » Kashemwa CISHUGI
« Si une émotion est évoquée mentalement, ou oralement, elle s’accompagne de l’expression faciale de cette émotion (échoïsation). Celle-ci est perçue par le spectateur, qui éprouve alors cet état affectif (mimétisme). » Catherine DE LAVERGNE

Le théâtre : communication verbale et gestuelle
Le contenu verbal d’une scène de théâtre ne représente que 7% du message perçu ! Nous savons aujourd’hui l’importance de la communication non verbale. En réalité, le verbal et non verbal sont indissociables.
En allant au théâtre, nous allons écouter des phrases et simultanément, nous sommes sensibles au jeu d’acteur : une voix qui s’échappe, une respiration qui s’accélère en décalé, des gestes nerveux, sont autant d’indices qui prouvent que l’acteur ne vit pas vraiment le personnage, mais qu’il se contente de « faire comme si ».
« Au théâtre, si vous ne faites pas de vrais gestes, n’en faites pas du tout ! Tout doit venir du centre (des émotions) et non pas du haut (le cerveau, l’intellect) » Jean-Laurent Cochet
« Les moyens d’expression et de communication non-verbaux sont les gestes, les formes, les couleurs, la musique, les bruits et même le silence. Ils sont aussi langage dans la mesure ou ils expriment quelque chose et servent a la communication. Dans le theatre le langage non-verbal concerne, sur le plan corporel : la gestuelle et la mimique ; sur le plan visuel et plastique : le decor, les objets, les costumes, la lumiere ; sur le plan sonore : la musique, les bruits, les rires, les pleurs, les cris et le silence, en tant que contrepartie des paroles et des bruits. » Roger VITRAC

Les émotions et leur expression ont été programmées dans le cerveau humain par l’évolution.
Une émotion forte naît dans la profondeur du cerveau, puis elle est tempérée ou filtrée surtout par les lobes frontaux. Globalement, la partie gauche du cerveau est spécialisée dans la joie et les émotions positives, la partie droite dans la tristesse et les émotions négatives (peur, dégoût). La stimulation de zones cérébrales, spécifiques à chaque émotion, agit par l’intermédiaire de neuromédiateurs (adrénaline, sérotonine, endorphines) ou d’hormones (cortisol, androgènes).

L’expression d’une émotion est universelle. Elle ne dépend ni de la race ni de la culture : un sourire ou un froncement de sourcils ont la même signification partout dans le monde.
L’émotion déclenche principalement :
• des mimiques du visage qui jouent un rôle majeur dans la communication, y compris chez le nourrisson qui exprime parfaitement ses émotions par ce seul moyen .
• une rougeur ou une pâleur du visage.
• des rires, des larmes.
• une modification de la voix.
• une attitude de combat, de fuite ou de soumission.
• une modification des rythmes respiratoire et cardiaque.
• une salivation ou une bouche sèche.
• une dilatation ou un resserrement des pupilles.
• le redressement des poils.

Les psychologues reconnaissent six émotions primaires, dont la variété de mélanges est infinie et vient se greffer sur le caractère ou la personnalité de chacun.
- La peur met le corps en alerte maximale, prêt à fuir. Elle fait relever les sourcils, soulever les paupières supérieures en découvrant le blanc des yeux et en plissant le front, ouvrir la bouche et relever les lèvres, couler la sueur sur le front ou les mains. Le cœur et la respiration courte s’accélèrent, le corps s’immobilise, le tonus musculaire augmente, la bouche est sèche, la peau pâlit car le sang qu’elle contient est détourné vers les muscles.
- La colère met le corps en état d’agression. Les sourcils sont tirés vers le bas, provoquant des rides verticales au-dessus du nez, les yeux mi-clos semblent furieux, le visage devient rouge. La bouche reste fermée ou entrouverte, mais les lèvres retroussées découvrent les dents comme un animal prêt à mordre. Le cœur et la respiration ample s’accélèrent, le corps ramassé sur lui-même par des muscles tendus semble prêt à bondir.
- Le dégoût s’exprime par des yeux fermés, les sourcils tombants, de gros plis sur le front et au dessus du nez, des pommettes et des joues bombées. Les lèvres pincées peuvent laisser sortir le bout de la langue. La paume des mains se tourne vers l’avant, comme pour repousser un objet. Une sensation de nausée est possible.
- La tristesse : Paupières baissées, les yeux rougis brillent ou larmoient. Seul l’angle interne des sourcils se soulève, alors que les coins de la bouche pointent vers le bas. Le cœur ralentit, la respiration est ample et lente, entrecoupée de profonds soupirs et de petites inspirations très superficielles. Le corps plutôt immobile semble replié sur lui-même, le tonus musculaire est faible.
- La joie : Un large sourire éclaire le visage et la lèvre supérieure retroussée découvre les dents du haut, sauf quand le rire ouvre grand la bouche et laisse voir toute la dentition. Les yeux mi-clos sont soulignés par des rides de la patte d’oie à leur angle externe et des poches sous la paupière inférieure. Les joues sont bombées par la contraction des muscles peauciers. La respiration est lente et ample, entrecoupée de petites pauses, le rythme cardiaque est souvent accéléré.
- La surprise : Les deux paupières grandes ouvertes laissent voir une large zone du blanc des yeux écarquillés. La bouche est entrouverte par la contraction des joues et le retroussement de la lèvre supérieure, mais l’aspect est plus proche d’un sourire forcé que de l’expression de la peur. Après une brève accélération, le cœur ralentit rapidement alors que la respiration est brièvement bloquée en inspiration.
- Simuler et dissimuler : Certaines émotions peuvent être dissimulées sous le contrôle du lobe frontal du cerveau. Ne pas montrer sa peur ou sa colère, un exercice impossible chez le jeune enfant, est une manière de faire face à un danger en émettant vers l’autre un message de force.
À l’inverse, l’art des comédiens est de recréer l’expression d’une émotion aussi bien sur le visage que par l’attitude corporelle. L’un des moyens d’y parvenir est de retrouver en soi des situations qui reproduisent la situation émotionnelle recherchée.

La communication par le langage corporel
- Le langage corporel co-verbal : Le premier réflexe du médecin est d’observer son patient d’un point de vue corporel, d’un ethnologue d’observer un peuple à travers ses diverses composantes individuelles corporelles, d’un psychologue de comprendre son client à partir de comportements corporels atypiques dont il cherche à restituer la logique…
Le langage corporel co-verbal sert alors d’appui pour parler d’autre chose. Pour le médecin le geste (au sens large) est un symptôme, pour l’ethnologue il est l’expression d’un rituel, pour le psychologue, un épiphénomène. En fait dans toutes ces disciplines, le geste n’a jamais de raison d’être pour lui-même. Le geste n’est intéressant que dans la mesure où il permet d’éclairer l’objet de la réflexion qui n’est jamais le geste lui-même.
- Le langage corporel préverbal inconscient est primordial :
Le geste devance la pensée, parfois de plusieurs secondes dans l’acte de communication, le geste réflexe est beaucoup plus rapide que le geste volontaire aussi le précède-t-il.
En voici quelques exemples :
- l’aire verbale (aire de Broca) s’est formée sur une partie de l’aire gestuelle (aire prémotrice).
- la dynamique gestuelle de deux frères est différente. Ils ne bougent pas de la même façon, qu’ils parlent ou non, car le geste est inné alors que la parole est acquise ;
- une personne se met en retrait bien avant d’avoir conscience d’un désaccord avec son interlocuteur. La pensée négative en création était déjà présente dans l’aire gestuelle ;
- le corps prépare la parole dans le geste. Parfois le corps bouge pour faciliter l’accès à certains mots, on parle de dimension d’engramme du geste.

Ainsi il est possible de se comprendre sans se parler et de penser sans l’aide du langage verbal !
Extrait dehttp://non-verbal.synergologie.org/ la science du langage corporel

Nous pouvons donc mieux comprendre comment un danseur ou un acteur de théâtre nous touchent, leur réputation est alors proportionnée à leur capacité de communication par le langage corporel !

En grandissant, les émotions s’affinent, se précisent :


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