Accueil > Notre lycée > LE PROFIL DU LYCEE JHM > Débat sur l’École, toujours d’actualité !

Débat sur l’École, toujours d’actualité !

jeudi 1er mai 2003 par Joëlle Mirabaud

animé par Pierre MICHALAK, IA IPR de mathématiques.
Secrétaire de séance : J.Mirabaud, professeur de SVT

Ce débat regroupa parents et personnels du lycée, administratifs et professeurs.
Les premières interventions furent d’ordre général :
=> Parent : les échanges parents/professeurs sont enrichissants, c’est dommage qu’il n’y en ait pas plus souvent.
=>Autre parent : En temps que mère de 3 enfants, on m’a proposé 3 réunions à la même date…

Deux questions sélectionnées dans la liste d’enquête ministérielle furent successivement abordées :
- Question n°2 = Quelles doivent-être les missions de l’école, à l’heure de l’Europe et pour les décennies à venir ?
- Question n°17 = Comment améliorer la qualité de vie des élèves à l’école ?

Question n°2 = Quelles doivent-être les missions de l’école, à l’heure de l’Europe et pour les décennies à venir ?

Valoriser les métiers différents : être artisan sans le bac ne devrait pas être dévalorisant, certains ont de l’or dans les mains et sont cependant méprisés. Le jeune devrait se reconnaître comme individu valable dés lors qu’il sait réaliser ce qu’il a choisi de faire quel que soit son choix de formation. Pourtant c’est un fait de société : on éprouve le besoin d’être valorisé par un diplôme.

Changer les mentalités vis à vis de l’Europe : la pratique des langues vivantes, les échanges européens ne sont pas valorisés, beaucoup d’étudiants étrangers viennent en France, peu de français vont étudier à l’étranger. Le nombrilisme français doit disparaître : actuellement les Français sont trop fiers de leur culture, nous préférons recevoir pour se faire valoir, plutôt que se déplacer pour découvrir comment vivent les autres ! Exemple : au cours d’un entretien d’embauche un jeune est félicité pour la solidité de son bagage scientifique mais est critiqué pour avoir réalisé son post-doctorat en Italie… Tous les diplômes européens de même durée d’étude dans les mêmes secteurs devraient être équivalents.

Prévoir l’étude des différentes cultures européennes : leur comparaison permet de prendre conscience des valeurs différentes sans les hiérarchiser. La peur de l’autre disparaîtra puisque seul l’inconnu effraie. Il est important de connaître ces cultures, l’étude de la langue vivante associée n’est pas indispensable dit l’un, la langue est le reflet de la culture d’un pays et sa connaissance est nécessaire pour comprendre son mode de pensée répond une autre. Pour un immigré, utiliser sa langue d’origine à la maternelle devrait lui permettre de s’identifier ce qui pourrait casser la violence née d’une découverte trop tardive, ressentie comme une tromperie. Le bac européen est bien mais pas suffisant : les différentes cultures n’y sont pas assez développées.

Favoriser les échanges culturels européens : la découverte de la différence est enrichissante et motive pour l’apprentissage d’une autre langue vivante. Les voyages culturels sont à multiplier mais pas avec des portions de classe sur temps scolaire. Les élèves doivent récupérer les cours en rentrant alors que l’emploi du temps hebdomadaire est déjà bien lourd. Ne pourrait-on pas prévoir le séjour à l’étranger au mois de juin pour les secondes qui n’ont plus cours ?

Rendre l’étude des langues vivantes efficace en France : actuellement réussissent ceux dont les parents envoient leurs enfants en stage à l’étranger. L’étude des langues est trop morcelée dans la semaine. Il pourrait être intéressant de consacrer une semaine pleine à une langue au sein du lycée, avec de petits effectifs pouvant dialoguer, plutôt qu’un voyage d’une semaine où les élèves parlent français entre eux en faisant du tourisme. Ainsi d’autres que ceux ayant fait des séjours pourraient prendre la parole. On devrait plus travailler les dialogues, moins les textes littéraires. L’enseignement des langues en primaire n’est pas efficace, les instituteurs n’ont pas été formés pour ça, il faut des spécialistes devant de petits effectifs.

La pratique de l’oral est indispensable en langue : il faut remettre une épreuve orale au bac pour toutes les langues, dans toutes les séries. Il faut multiplier les cours en faible effectif. - Ne pas privilégier l’anglais : une 2ième langue, quelle qu’elle soit, permet la communication, la compréhension. Actuellement, l’embauche en milieu professionnel est favorisée par la pratique de l’anglais. Or en cas d’échange commercial, le collaborateur sélectionné est souvent celui qui connaît quelques mots dans la langue du pays d’intervention ce qui lui permet de créer un climat d’entente, d’intérêt, d’ouverture vers les autres.

Préparer les jeunes à la vie d’adulte : avec un développement respectant les 3 axes : développement personnel, social, professionnel, avec des apports favorisant la qualité de la vie, le plaisir d’apprendre.

Rendre les jeunes autonomes : actuellement, on observe souvent un comportement de mouton de Panurge : les choix d’option suivent les modes. Les élèves ont peur de faire des activités différentes, peur de l’échec, peur de disperser ses forces par rapport à l’échéance du Bac… Il est important de poursuivre les travaux favorisant le travail de groupe et l’autonomie si utiles en secteur professionnel. Les TPE doivent être poursuivis au lycée, surtout les TPE européens, on pourrait même les étendre au collège.

Donner plus d’autonomie au professeur : les programmes officiels sont lourds, il faut se dépêcher heure après heure pour réussir à tout faire tenir dans l’année. En terminale, il est souvent nécessaire de faire des heures bénévoles pour finir le programme officiel. Ce programme devrait être allégé pour laisser le temps de répondre aux questions des élèves, de développer les points qui les motivent, points différents selon les classes. Il est moins important de connaître les dates de la guerre que de savoir pourquoi on s’est tapé dessus.

Travailler en partenariat avec les parents : Le manque de motivation des élèves est constaté par les professeurs qui essayent d’innover en sortant de leurs classes ou de la technique de base papier/crayon, par l’association d’élèves qui a voulu prendre le relais en proposant un jumelage avec Crevillente (petite ville du sud-est espagnol) et n’a attiré que 3 élèves sur 840 ; alors, parents, à vous de jouer.

Prévoir un intermédiaire : si le professeur principal et lesparents perdent le contact, l’enfant doit pouvoir nouer une conversation avec une tierce personne, un autre adulte du lycée par exemple. Le suicide représente en pourcentage la 2ième cause de mortalité chez les jeunes.

Question n°17 = Comment améliorer la qualité de vie des élèves à l’école ?

Augmenter la sécurité : les vieux établissements sont souvent peu adaptés à leur jeune public, avec plusieurs étages et des fenêtres et cages d’escaliers mal protégés. Il n’y a pas de risque zéro et l’enseignant ne doit pas être tenu responsable s’il n’a pas fait d’erreur. Les nouveaux bâtiments sont mieux conçus, les autres sont progressivement rénovés en fonctions des budgets.

Créer des classes agréables à vivre : L’architecte devrait toujours concevoir ces locaux en connaissance de cause. Des classes sécurisées, lumineuses, bien insonorisées, créent un environnement stimulant. Un lieu de repos, une salle conviviale pour le midi est aussi nécessaire.

Développer un climat de calme en classe : un climat de détente est nécessaire pour une bonne écoute. Le professeur doit disposer des moyens nécessaires pour se faire écouter. La gestion d’une classe oblige celui-ci à maintenir une certaine discipline. Certains parents surprotègent leur enfant ce qui diminue les chances de réussite de cet enfant et de sa classe : ils viennent râler le lendemain si leur chéri s’est fait gronder…

Assouplir les règles de passage : Chacun a un rythme propre d’acquisition des savoirs et savoir-faire. Si le professeur a la possibilité de le respecter, la progression reste possible. Devoir pousser toute une classe hétérogène à la même cadence entraîne l’ennui pour les rapides, l’échec pour les plus lents. Pourquoi dévaloriser celui qui doit prendre son temps et bloquer celui qui pourrait sauter des classes ?

Alléger les rythmes scolaires : les journées sont trop longues. Est-il vraiment nécessaire de gaver les jeunes de connaissances oubliées dés le contrôle passé ? Actuellement professeurs et élèves courent après le temps qui fuit, cette bousculade n’est pas propice aux études. Des recherches ont été faites mais les résultats ne sont pas utilisés : à quand les journées de 6heures ou le rythme 7 semaines de 4 jours / 2 semaines de vacances ?

Rendre les évaluations positives : dés la maternelle les commentaires sont plus souvent négatifs que positifs et l’évaluation est ressentie comme une sanction. Pour qu’un enfant devienne un adulte responsable, il doit être encouragé à progresser, trouver du plaisir à se développer. Les évaluations sont trop tournées vers un esprit de compétition, l’heure d’EPS devrait servir de défouloir plutôt que servir à vaincre l’autre. Certains parents ne sont pas raisonnables à vouloir pousser leur enfant, à le transformer en ce qu’ils auraient voulu être.

S’appuyer sur leur éducation : Pour relativiser les risques, pour que le professeur puisse enseigner, il devrait pouvoir s’appuyer sur l’éducation donnée par les parents. Comme l’un d’eux le dit : "mon enfant n’irait pas se balancer sur le rebord d’une fenêtre, ni à la maison, ni en classe !"

Faire participer les parents : même dans les quartiers difficiles, les parents, parfois analphabètes, désirent aider à faire progresser leur enfant. Quand les parents demandent que faire, ils ont rarement des réponses précises. Le soutien scolaire est utile, mais pourrait être plus performant en lien avec la vie familiale. Il faudrait faire tomber les barrières entre éducation et enseignement puisque les 2 concourent à améliorer les performances de l’enfant. Dans le cas de la dyslexie, les parents sont désarmés car l’aide n’est pas organisé et de rendez-vous en tests, les soins commencent parfois après une année de galère.

Apporter de la considération aux élèves : On se sent bien si on se sent à sa place, accepté en tant que personnalité. L’acquisition de l’autonomie passe aussi par un transfert contrôlé de responsabilités : ouvrir soi-même la fenêtre ou le plafonnier si besoin est, transporter un microscope d’un point à un autre...
Cette responsabilisation des élèves est souvent rendue impossible par des problèmes de sécurité : il peut tomber en transportant ce microscope ! On doit juger la progression intellectuelle d’un élève, mais pas sa personnalité.

Adapter l’enseignement à l’élève : Pour beaucoup d’enfants, la méthode globale ou semi-globale a été une catastrophe. Le problème n’est pas l’utilisation d’une méthode ou d’une autre mais l’obligation d’utiliser la même méthode pour tous. Il existe de nombreuses façons de d’appréhender son environnement, de comprendre de nouvelles données : l’enseignement doit être adapté aux besoins de chacun. Puisque les classes sont constituées d’élèves aux capacités différentes, l’enseignement doit enchaîner les différentes formes de présentation comme l’explique la gestion mentale. Trop de jeunes sont déçus par l’option choisie alors que ce n’est parfois qu’une question de présentation.

Réveiller les motivations : l’école ne doit pas se résumer à une somme de devoirs. Apprendre est tellement plus facile quand on y trouve du plaisir. Les jeux pédagogiques sont nombreux car ils ont leur raison d’être. Un milieu stimulant, c’est aussi un endroit où l’enfant trouve ses repères, reçoit mais aussi choisit ses options, son avenir. Avec moins de matières imposées et plus de choix personnels, le plaisir d’apprendre serait retrouvé. Par exemple, le théâtre est une activité collective très motivante.

La dernière intervention du débat a été celle d’un parent pour exprimer de l’admiration pour les professeurs qui réalisent leur difficile métier de tout leur cœur !


| Plan du site | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Haut de page | SPIP | ScolaSPIP
Lycée Jules-Hardouin Mansart de Saint Cyr L’Ecole (académie de Versailles)
Directeur de publication : Christine Joureau