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34 variations autour de la peinture

dimanche 23 juillet 2006 par Joëlle Mirabaud

Œuvre de la classe de Seconde encadrée par Jean-Marc Rodrigues.
Chaque variation est née de l’observation d’une peinture choisie par l’élève.

Les auteurs en herbe sont par ordre aphabétique :

Je rêve, ou peut-être pas ?
Je ne sens plus mon corps, il est raide, aussi raide que l’être planté à côté de moi.
Où suis-je ?
Peu importe, je suis là et j’observe. Il fait noir, mais j’entends des voix. Je reste immobile et j’écoute...
Le vent souffle et je ressens une immense présence autour de moi : des esprits qui m’entourent ? étrange...
J’entends, ou plutôt je sens un frôlement qui fait passer sur ma peau un frisson palpitant.
Quelle force mystérieuse.
_ Rachel AIGREFEUILLE d’après Rêve (Odilon REDON)

Cours animal ! Cours !
Le plus méchant animal te court après !
De cette clairière ou paisiblement tu broutais, il vient t’arracher !
Cours te réfugier, tes sabots martèlent la pierre tombale,
Car il t’arrache ton âme primaire comme cette ère.
Trop intelligente pour son époque,
La sale bête s’est fabriqué une griffe,
bête que l’on appelle homme,
qui a soif de rouge, ce rouge qui sort de toi.
Mais pourquoi tu ne cours plus ?
Ce soir, nourriture pour toute la horde.
Tu es devenu son trophée,
Trophée de la plus méchante bête que dieu ait créée.
_ Thomas AUGIER d’après Scène de chasse (art pariétal)

Encore une triste journée qui commence. Je reste là, songeuse. J’ai le regard vide, je ne pense à rien, je ne suis rien. Comme tous les matins, avant d’aller travailler, je suis assise sur ma banquette, dans mon bistrot. J’ai le sentiment de rater ma vie, de ne pas savoir en profiter. J’en suis mélancolique, j’en ai assez, je n’en peux plus. Je vais me faire porter malade et je resterai ici, avec ma prune à l’eau-de-vie et ma cigarette ; ça me dégrade mais je m’en fiche. De toute façon, qu’est-ce qui pourrait m’arriver de pire ?
Thomas BACONNET d’après La prune (Edouard MANET)

Elle est seule. Seule au milieu de cette foule qui déjeune. Seule, le regard trouble, incernable, comme perdue dans ses pensées les plus profondes, les plus intimes...
Elle reste comme figée, le verre d’eau à portée des lèvres, et toujours cet air pensif, absent, qui contraste avec, autour d’elle, ces gens qui tous s’agitent et parlent, faisant du bruit à n’en plus finir. Peut-être que cette immobile jeune femme se cache derrière son verre afin d’observer à son aise le jeune homme au chapeau melon...
Non, cela ne se peut : elle n’a ni le sourire béat de la demoiselle accoudée à la rambarde, ni son regard niais visiblement dirigé vers un charmant jeune homme. Pourtant, je ne parviens pas à cerner ce regard... Il semble comme vide d’émotion. Ou plutôt fermé à tous les curieux qui tenteraient d’y déceler quoi que ce soit !
Contrairement à sa béate voisine ! Mais... à qui ? A qui peut-elle bien penser, seule et muette au milieu du bourdonnement des conversations de ses bruyants voisins ?
Elle est seule, si seule...
Gaëlle BURON d’après Le déjeuner des canotiers (Auguste Renoir)

Que m’arrive-t-il ? Où vais-je ? pourquoi m’a-t-il fait ça ? Je n’en sais rien, je ne comprends pas. Mais maintenant, que vais-je devenir ? Ma vie, du moins ce qu’il en reste, a-t-elle encore un sens ? Je n’en sais rien. Où est-il en ce moment, tu le sais toi ? Peut-être pourras-tu me le dire ? Non, tu ne peux pas, personne ne peut.
Il faut que je me redonne espoir, un sens, un nouveau sens : tout n’est peut-être pas terminé. Non, c’est trop dur, trop compliqué. Je ne peux pas, je ne peux plus.
Mais tu n’as qu’à m’emporter. Hein ? Ce n’est pas trop dur, ça ? Ton odeur me fera rêver, ton goût me fera fondre, tes vapeurs me feront tourner la tête ; tu me feras oublier ce monde trop cruel tout en me rendant joyeuse et gaie. Tout ça, alors que tu arrives à tenir dans ma main.
Oui, on va pouvoir s’entendre, je crois.
Alexandre CAPEDOCE d’après L’absinthe (Edgard DEGAS)

S’étaient-ils donnés rendez-vous ?
Se trouvaient-ils là par hasard ?
En tout cas ils étaient là,
Sur ce toit, seuls
En attendant que le monde s’endorme.
Leurs regards se cherchent
Sans jamais se croiser.
Tout les oppose
Comme le jour et la nuit,
L’homme et la femme...
Pourtant ils s’aiment
Et préfèrent rester là
Ayant pour seule chandelle la lumière de la lune.
Après tout, ne dit-on pas que les opposés s’attirent ?
Marie DARMIGNY d’après Rendez-vous de chats (Edouard MANET)

" Je les hais toutes, ces vieilles vipères.
Regardez-les : pas un mot, pas un sourire, pas un regard amical, rien ! Même leurs robes paraissent tristes et dépourvues de gaieté.
Me forcer, moi, à rester là, assise, sans bouger et à travailler ce petit bout de tissu sans vie, quelle honte ! C’est un si beau jour d’été, des dizaines de fraises sauvages passent dans le jardin à quelques pas de moi, et je ne peux même pas en profiter. Mais je me vengerai, vous verrez, ces vieilles peaux vont me le payer. C’est décidé, ce soir, je sors... "
Jessica DOREAU d’après Portraits à la campagne (Caillebotte)

Je m’ennuie.
Je ne connais personne dans cette fête, et je ne sais même pas pourquoi on m’a invitée. Je reste là , assise, alors que tout le monde parle et se réjouit. Moi, il n’y en aucun qui m’adresse la parole, ça c’est sûr ; sauf, bien entendu, ce garçon niais à côté de moi. " C’est au milieu de la foule qu’on se sent le plus seul ", en voilà un beau proverbe. Ah, si seulement je pouvais aller me baigner dans le lac...
Je vais peut-être reprendre des gaufres à la confiture.
Alexis DUMONT d’après Le déjeuner des canotiers (Auguste Renoir)

Un bateau erre sur l’eau calme de la mer : un pêcheur égaré par la tempête,réitérant ses tumultes fugaces, œuvrait afin de nourrir sa famille. Mais soudain, le prédateur des profondeurs fit surface et l’attaqua. En accostant sur cette île déserte, puisqu’il était seul, il trouva refuge dans cette maison.
Sur cette île, le pêcheur se sentait en sécurité : il était sauvé des dents du requin ; le ciel dégagé montrait que le pire s’était déjà produit. La roche représentait la solidité de son caractère bien forgé, la pierre montait. La végétation en abondance symbolisait la vie : les échanges physico-chimiques arbres/humains. La clarté du paysage était mise en évidence par un éclat de lumière ravivant la clarté de l’esprit de l’homme.
Il était paisible après ce long périple à travers océans et mers.
Dallèle ELFELLAHI d’après Le refuge (Philippe JACQUET)

Georges de La Tour a peint une femme assise sur une chaise qui médite, son menton reposant sur sa main gauche. Elle a de longs cheveux noirs, retombant sur ses épaules, nous font à peine remarquer son visage que l’on voit de profil. Son corsage large et blanc au fin plissé est à moitié défait, nous découvrons donc ses épaules nues.
Sa main droite est posée sur un crâne sur ses genoux. Elle porte une longue jupe de grosse laine rouge retenue à la taille par une ceinture qui est en fait une corde. A côté d’elle des livres anciens recouverts de cuir reposent sur une table, sur laquelle on aperçoit une corde posée sur une croix de bois ainsi qu’une bougie dans un verre.
Comme l’indique le titre, elle médite, et on peut supposer sur la mort d’un de ses proches symbolisé par la présence d’un crâne sur ses genoux. On peut penser également qu’elle prie grâce aux livres religieux sur la table, elle semble pauvre car on ressent une expression de dépouillement car la pièce est vide, sombre, c’est la nuit car une bougie est allumée.
Le peintre a utilisé très peu de couleurs : le rouge, le brun et l’ocre et n’a dessiné que peu de décors.
Thomas FRABOULET d’après La Madeleine à la veilleuse (Georges DE LA TOUR)

On peut observer dans ce tableau deux principaux personnages ; j’imagine un jeune couple et ses trois enfants en très bas âge. Cette jeune famille se trouve dans une pièce large, conviviale et chaleureuse. Les parents sont près de la sortie de la pièce, l’un d’eux boit du vin dans un verre ; l’autre en revanche compare deux feuilles. Les personnages vaquent à leurs occupations tout en restant ensemble.
Jérôme GARAT d’après La Terre promise (René MAGRITTE)

Je me trouve dans une pièce sombre où l’on ne voit que des murs sans décor. Je me sens seule. Je suis assise. Je ne veux plus voir ce triste monde, ne plus entendre ses cruels habitants. J’ai le coeur gros avec l’impression qu’il grossit davantage. Mais à part lui le reste de mon corps ne bouge pas. Ah ! si ! sauf mes mains qui sèchent mécaniquement mes larmes sur mes joues. Je crois que d’un côté je suis un peu honteuse de ma réaction. Mais je me sens tellement détruite de l’intérieur, comme rongée, trahie.
Estelle GAUTIER d’après Portrait d’Yvonne Landsberg (Pierre Matisse)

Cela faisait environ une année que je ne l’avais pas vu. Il était parti sans raison, me laissant une lettre confuse m’expliquant qu’il n’avait pas le choix. Depuis ce jour, ma vie ne fut remplie que d’attente et de tristesse.
Et depuis ce matin, dans le froid, j’attends perdue au milieu de ces gens amoureux qui se retrouvent finalement.
Le soleil se couche. Une triste et impatiente pénombre m’envahit. Il va arriver. J’entends le sifflement. Je m’approche.
Et cette foule... et cette fumée... mais où est-il ? Le voilà, je crois apercevoir sa silhouette. Oui, c’est bien lui ! Il n’a pas changé, l’homme qui m’a quitté un an auparavant.
Lucie GRIFFAULT d’après La gare saint-Lazare (Claude Monet)

C’était un beau jour de printemps. Au milieu de cette immense mer d’or, elle était là, songeuse, gracieuse, magnifique. Le vent soufflait dans sa robe de mousseline bleu ciel et donnait l’impression de la voir voler au-dessus de ces champs de fleurs jaunes. Les rubans de sa coiffe virevoltaient dans tous les sens et sa chevelure, d’ordinaire parfaitement coiffée, volait autour de son doux visage de porcelaine, protégé du soleil par une ombrelle qu’elle tenait de sa délicate main blanche. Les fleurs, à ses pieds, volaient et dansaient au rythme du vent. Le ciel était tacheté de petits nuages blancs. Elle avait l’air heureuse au milieu de ces fleurs. Elle avait l’air libre. Du moins dans son esprit, car en réalité sa mère la surveillait un peu plus loin, les mains dans le dos, droite, le regard noir et sévère. Et moi, je la regardais, caché. Je la regardais être heureuse sans pouvoir l’approcher, lui parler. Elle regardait au loin, pensive...
Se pourrait-il que je sois la raison de cet air pensif ?
Sandrine JOURNEAU d’après La promenade (Claude Monet)

Ah ! mais quelle est cette lumière qui m’aveugle ?
C’est insoutenable ! Où est passé le noir dans lequel j’étais plongé ? Ca y est, je crois que je commence à m’habituer. J’arrive vaguement à distinguer ce qui m’entoure, ça me rend mal à l’aise. C’est étrange et ça peut paraître insensé, mais j’ai même l’impression que la mort me porte dans sa main. Au fait, qui suis-je ? Quel est mon nom ? Visiblement j’ai l’air de ressembler à une plante, mais mon nom, rien à faire, je ne m’en souviens plus. Mais d’où est-ce que je viens ? Ne s’est-il rien passé jusqu’à aujourd’hui ?
C’est ça, j’y suis, si mes souvenirs sont bons, je crois que j’étais un humain. Un très beau jeune homme, d’ailleurs. En parlant de jeune homme... où sont passés mes bras forts, mes jambes musclées, mon joli visage ? Serais-je devenu... une simple fleur toute fragile ? Tout compte fait, ce n’est pas si mal. Que s’est-il passé ?
Du plus loin que je me souvienne, j’étais au bord de l’eau et j’admirais mon reflet, aussi net que devant un miroir. Il m’attirait à un tel point que, sans voir la menace, j’ai voulu l’embrasser. Ce qui s’est passé ensuite, je n’en ai aucune idée.
Sarah KHANOUF d’après Métamorphoses de Narcisse (Salvador Dali)

ça crisse sous lui. Il n’y fait pas attention. Il est bien, là. Il est bien.
Sa peau mate ruisselle, ses muscles brûlent encore. Il sent ses phalanges sur sa nuque et apprécie ce goût végétal dans sa bouche. De nouveau il remue, se retourne sur le côté. Bien évidemment, les cigales et autres grillons concourent au chant le plus bruyant. Mais surtout le silence, récompense méritée après avoir tant dérangée la terre. Il est à demi adossé sur un tas de paille, son chapeau lui couvre entièrement le visage. Soudain, il ouvre les yeux, et aperçoit des points lumineux à travers les mailles de son chapeau.
Il va falloir reprendre, encore et toujours, écrasé par le soleil, au milieu d’un océan jaune.
Jean-Charles LAIR d’après La sieste (Vincent Van Gogh)

Situé tout en haut d’un énorme rocher, c’était un endroit calme et paisible, aussi poétique qu’agréable.
J’y allais chaque fois que j’avais besoin de solitude et d’isolement. C’est vrai que d’extérieur il ne payait pas de mine mais lorsque vous y pénétriez, c’était l’idée même de la beauté qui s’imposait à vous. Une décoration certes sommaire, mais qui vous touchait tellement qu’elle vous donnait envie de pleurer, un peu à la manière d’un morceau de musique lent et raffiné, qui semblait vous faire entendre chaque jour ses plus belles notes...Ah, quel endroit paradisiaque !Lorsque je regardais par la fenêtre, j’étais en proie à une émotion palpable. Regarder l’écume des vagues s’échouant sur la plage était un de mes passe-temps favoris. Mais ce que je préférais, c’était d’admirer le magnifique coucher de soleil, lorsque l’astre rouge revêtait sa robe rouge pour enflammer le ciel de mille couleurs, toutes plus belles les unes que les autres. J’observais alors la mer, que le château surplombait, et je pleurais. Ah, quelle douce émotion, quelle joie intérieure, que de retrouver chaque été, le château des Pyrénées...
Quentin LE GALLO d’après Le château des Pyrénées (René Magritte)

Comment en suis-je arrivé ici ?
Je ne puis répondre à cette question que par le récit de ces derniers jours… dernières heures ?
Étant de voyage dans cette région, le soir, je mangeais et je couchais dans une taverne. Lors d’un souper, des brigands sans foi ni loi pénétrèrent dans l’auberge sombre. Ils commandèrent un repas très copieux. L’engrenage maléfique de leur malhonnêteté se déclencha au moment de payer leur pitance. Ils eurent soudain l’idée d’emporter les richesses de la maison au lieu de les payer. Personne n’étant armé hormis les bandits, ils purent assouvir leurs instincts criminels. Puis ils firent mine de déguerpir, mais l’un d’entre eux se retourna et ma dit de venir. J’eus tout juste le temps d’apercevoir un bâton s’abattant sur moi…
Maintenant je me trouve sur cette colline, avec des habitués de l’auberge, revenant d’un long sommeil, et ces armes à feu pointées sur moi… Nous fusilleront-ils par pure méchanceté, ou une raison plus profonde se cache-t-elle dans leur démarche ?
La réponse me restera inconnue…
Jean-Rémy MARCHAND d’après Brigands fusillant leurs prisonniers (Francisco Goya)

A petits pas vers la pureté qui est tienne ; petite clairière,
Tu nous offres le sombre et le clair de la lumière
Le jour on te parle, tu nous écoutes.
La Nuit, à notre tour, tu chantes, on se tait.
On écoute.
Avec un seul doute :
Que le silence règne.
Gabrielle MARION-POLL d’après Le bois sacré (Arnold Böcklin)

Mais que peut-il bien se passer dans sa tête, alors qu’il est menacé de la chose la plus horrible, la plus terrifiante, la plus abominable : la mort ?
Que ressent-il, alors que cette lance est prête à s’abattre sur lui, à lui transpercer le crâne, le ventre, le cou, et lui donner... la mort ?
Garde-t-il une lueur d’espoir ou est-il résigné ? Lutte-t-il ou a-t-il déjà abandonné ? Qui peut savoir ce qu’il ressent ? Qui a déjà été à sa place où il n’y a qu’une seule issue... la mort ?
Ses yeux traduisent-ils la peur, la colère, la terreur, la rage ? A-t-il envie de se venger ou est-il effrayé, rongé et obnubilé par une seule idée, qui le tracasse et l’envahit peu à peu, jusqu’à l’ensevelir complètement... la mort ?
Et que se passe-t-il après cette mort ? pense-t-il qu’il va revivre, qu’il va errer dans le néant à jamais ou qu’il va tout simplement mourir et qu’il n’y aura rien après ? Qui sait ? A qui a déjà été infligé un tel supplice, au point de se poser toutes ces questions, au point de ne plus savoir que penser, sinon à ... la mort ?
Philippe MARTINUZZI d’après Le grand Saint-Michel (Raphaël)

Que suis-je donc en train de faire ? Mais pourquoi faire cela ? Pourquoi ne pas faire autre chose ? Pourquoi suis-je lente à faire cela ? Pourquoi dois-je me dépêcher ? Pourquoi ne pas sortir ? pourquoi suis-je assise ? Pourquoi suis-je habillée ? pourquoi respirer ? Pourquoi manger ? Pourquoi est-ce que je me pose toutes ces question ?
Pourquoi ? Pourquoi ?! Pourquoi ! Mais pourquoi tant de pourquoi pour un bout de tissu ?
Je ferais mieux de finir de coudre au lieu de dire n’importe quoi.
Mais pourquoi ?
Bunchoeun MEAM d’après La couseuse (Diego Velasquez)

Froufrous rouges, chapeaux blancs, habits simples ou costumes chamarrés ?
Friand d’histoires fantastiques ou romanesques ?
Travaille pour les autres ou à son compte ?
Comment dévoiler laquelle de ces réponses est la bonne ?
L’action se déroule tout en douceur, pourtant il faut faire vite, la proie n’est jamais très patiente. Il faudra filer encore plus vite, lorsque le moment sera venu, mais toujours en finesse.
Anaïs MIRABAUD d’après La diseuse de bonne aventure (Georges de La Tour)

Je me promenais en fin d’après-midi avec deux amis, au bord de l’eau.
Soudain, alors que le soleil se couchait, l’atmosphère ainsi que la ville tout entière devinrent rouge...
Imaginez ma terreur ! La ville totalement recouverte de sang ! L’atmosphère hostile, menaçante, la ville envahie par cette couleur oppressante. C’était évident : la nature était agressive, prête à attaquer, la mort était là.
Le soleil parti, mes deux amis poursuivirent leur chemin. Et je restais là horrifié, tétanisé par ce spectacle.
Lisa NICOLAS d’après Le cri (Edward Munch)

Le temps est abstrait, il nous file entre les doigts tels des grains de sable fin. La fin est plus proche après chaque jour qui passe. Passe et repasse l’aiguille dans son cadran pour une durée longue et indéterminée. Indéterminée et éternel est le temps, mais aussi destructeur. Destructeur pire que les machines à tuer que nous créons, il ne laisse ni répit ni prisonnier. Prisonniers du temps, tels des explorateurs recherchant à percer un mystère. Mystère, tel est notre fardeau : nous ne savons rien mais tentons de maîtriser le temps qui s’échappe trop vite. Rapide ou lent, le temps semble se déplacer au gré du vent.
Thomas POTENTIER d’après Les montres molles (Salvador Dali)

Voici l’âme de cet homme.
Qui est-il ?
Serait-ce un brigand, un tueur, qui a commis tant de crimes que, pour le punir, il se consume dans les flammes de l’enfer ?
Serait-ce un homme de pouvoir et d’argent, qui a pris plaisir à massacrer ses victimes et qui mérite les pires châtiments ?
Maintenant, il brûle dans un feu éternel et lent.
Ou peut-être apprécie-t-il ce feu si rougeoyant qui lui lèche la peau, aime-t-il ce luxe et ce pouvoir qu’est celui d’ôter la vie ?
Peut-être a-t-il cette étincelle dans les yeux, preuve de son esprit violent et rusé ?
Représente-t-il la nature humaine ou est-il un être du mal, l’incarnation du mal ?
Lucie PREVOT d’après Le feu (Arcimboldo)

Elle paraissait seule au milieu de cette foule, bien que la jeune fille, qui la maintenait auprès d’elle, semblait désirer la protéger. Toutes les personnes qui l’entouraient s’affairaient de toutes parts dans une agitation provoquée sans doute par l’humeur peu clémente du ciel et des nuages. Ces personnes vaquaient chacune à une occupation, les conversations allant bon train à propos du bijoutier ou le laisser aller à la rêverie ; incertaines de pouvoir se rendre à temps au lieu voulu dans le tumulte habituel des fins d’après-midi. Pour un homme, ce tumulte demeurait propice aux regards glissés délicatement à l’intention d’une femme.
Cette enfant paraissant seule souriait pourtant. Etait-ce peut-être le reflet de l’innocence enfantine ou souriait-elle à quelque inconnu ? Ce genre d’inconnu qui passe pour un original, qui vous intrigue, vous attire et apparaît comme un détenteur de ce pouvoir miraculeux : celui de vous faire sourire sans raison apparente. La mère ce cette enfant posait sur l’être de sa chair un regard emprunt d’amour.
Au dessus de la foule, d’une même couleur, se déployaient ces objets utiles formés d’un manche et d’un tissu imperméable.
Domohina RAZAFINJATO d’après Les parapluies (Auguste Renoir)

Je suis arrivé à temps.
J’ai pu empêcher cet homme de commettre cet acte horrible. Cet homme qui, par amour pour Dieu, consentit à sacrifier son propre fils. Pour prouver sa foi à Dieu. Pour Lui montrer qu’il Lui resterait fidèle quoi qu’Il lui demandât. Etait-il fou ? Je me posais cette question lorsque je le vis, serrant la tête de son fils, l’ayant ligoté et tenant son couteau fermement, d’un air déterminé. J’étais loin de m’imaginer à quel point cet homme était croyant. Lui qui avait eu tant e mal à avoir cet enfant, lui qui n’y croyait plus, lui qui priait des nuits et des jours durant, pour implorer la naissance de ce fils si désiré, lui qui était si triste de voir sa femme porter un enfant déjà mort. Grâce à Dieu, son voeu se réalisa. Et maintenant Il lui demandait de le tuer.
Cet instant restera ancré à jamais dans ma mémoire. Voir cet homme, prêt à sacrifier son fils pour Dieu, prêt à recommencer ces longues années d’attente avec son épouse. Voir cet homme. Il ne pleurait même pas.
Mickaël RODRIGUES d’après Le sacrifice d’Abraham (Rembrandt van Rijn)

Peu d’entre nous ont survécu à ce naufrage. Certains d’entre nous sont déjà morts ; nous conservons leurs corps près de nous alors qu’une partie de notre embarcation est laissée à l’abandon. D’autres gardent espoir en brandissant inutilement des morceaux de tissu, ou en priant le Seigneur de nous épargner, d’autres se lamentent sur les cadavres de nos amis disparus, ou sont terrorisés face à la vague menaçante qui s’apprête à nous engloutir. Quant à moi, accablé par la fatalité, j’ai perdu tout espoir parce que je sais que nous sommes déjà morts.
Arnaud ROUCHETTE d’après Le radeau de la Méduse (Théodore Géricault)

Mon Soleil
Silencieuse face au soleil couchant
Je contemple ses reflets sur la mer
Ses derniers rayons réchauffent la Terre
Et j’écoute les sifflements du vent
 
Devant ce magnifique paysage
Je comprends alors que cette beauté
N’a d’égal que ton radieux visage
Ce ciel d’or tu pourrais le remplacer
 
La beauté naturelle est éternelle
Tu es celui qui m’a offert des ailes
Tu m’as fait découvrir le vrai bonheur
 
Rien ne me procure plus de plaisir
Que d’apercevoir ton charmant sourire
Toi le soleil qui enflamme mon coeur.
 
Pauline SIEGFRIED d’après Le crépuscule (Claude Monet )

Aujourd’hui mon papa ma encore tapée, c’est pour ça que le en bas de mon œil est tout violet. Un jour ma maman à pris un bout de bois et a tapé mon nez. Alors maintenant mon nez il est de travers.
La nuit quand je vais au dodo ma maman me donne une petite fille. Cette petite fille elle est moche non pas moche, mais bizarre la petite fille. Elle a les deux oeils qui sont bleus et ses cheveux à elle ils vont tous dans le même sens et ils sont noirs. Mais ce que je sais pas c’est pourquoi elle a pas le même nombre de doigts à ses mains. Est ce que son papa à elle aussi il l’avait tapée ?
Marc SIFFERT d’après Portrait de Maya (Pablo Picasso)

Le soleil se lève, la vie s’éveille et reprend.
Mais que vois-je ?
Ce rocher serait-il responsable de cette naissance ?
Non, non c’est impossible. Un rocher ne peut créer pareille chose.
Et pourtant, c’est bien une femme qui naît, suspendue dans l’air.
Je ne comprends pas.
Camille VERLHAC d’après Naissance d’une divinité (Salvador Dali)

Une maison, un château ou un paradis. Avec ce beau ciel bleu et ce paysage vert, ce ne peut être que le paradis. Elle est au centre, celle de qui on ne distingue pas le visage mais celle de qui on distingue les sentiments. Elle est belle, heureuse, amoureuse et ravie. Ravie de voir ce paysage et d’entendre le bruit de l’eau qui coule, de le voir et le sentir avec son amour et sa vie. Elle qui peut être la maîtresse de ce paradis, moi je le voudrais, comme dans un rêve.
Arpita VERMA d’après Château (Canaletto)

Au fond du petit parc qui bordait la maison, je me promenais, accompagnée d’une de mes très bonnes amies. C’était une magnifique journée d’été et nous avions décidé de déjeuner ensemble, profitant de ce temps admirable qui laisserait bientôt place à la fraîcheur et à la tristesse des jours d’automne. Abandonnant sac et ombrelle, nous profitions de l’ombre dispensée par les grands arbres du parc pour faire quelques pas en parlant, respirant le parfum enivrant des hortensias et des capucines.
Elisabeth VOISIN d’après Le déjeuner (Claude Monet)

C’est ma première leçon, je suis âgé pourtant.
Elles m’impressionnent, m’éblouissent par leur talent...
Comment vais-je faire ?
Toutes autour de moi, elles m’écoutent attentivement, m’observent ; elles sont si mignonnes. L’une me regarde émerveillée, moi, l’ancien danseur classique donnant des cours, l’autre s’essaye à la barre. Elles sont très douées. Je leur donne des explications, mes ambitions : nous allons nous donner en spectacle l’année prochaine.
Nous nous mettons au travail ; elles sont ravies. Elles m’ont adopté.
Marie WALBRECQ d’après Le cours de danse (Edgard Degas)


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