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Paradis artificiel et création littéraire, entre rêve et réalité

mardi 9 août 2011 par Joëlle Mirabaud

Par Arthur GOUGET – Justine TELLIEZ – Hugo ZEITTER.

S O M M A I R E
Problématique : La drogue favorise-t-elle la création littéraire et à quel prix ?
I – QUAND LA DROGUE SE MELANGE A L’ENCRE...

A- … de François Rabelais
B- … de Thomas de Quincey
C- … de Charles Baudelaire
II – CE QU’EN DIT LA SCIENCE
A- Anatomie du cerveau
B- Système de récompense
C- Troubles liés à l’utilisation de substances
D- Effets des drogues sur le cerveau
Conclusion
Annexes : Glossaire scientifique, œuvres de Charles Baudelaire (L’âme du vin, Le vin des chiffonniers, Le vin de l’assassin, Le vin des amants, Le vin du solitaire)
Bibliographie

PROBLEMATIQUE
Les drogues, présentes depuis la nuit des temps à travers toutes les civilisations, que ce soit du chaman inca au binge drinking anglais, est toujours un sujet d’actualité mondial et contemporain. En effet, les consommateurs cherchent à se droguer pour différentes raisons : inspiration, recherche des hallucinations et sensation de paradis artificiels qu’elles provoquent...
Dans un premier temps, nous analyserons un corpus de textes de quelques grands auteurs Européens ayant vécu entre le seizième et le dix-neuvième siècles, en rapport avec certaines drogues : Le tiers livre de François Rabelais, Confessions of an English opium eater de Thomas de Quincey, ainsi que quelques poèmes issus des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire.
Dans un second temps, nous présenterons l’anatomie du cerveau et les principales fonctions cérébrales. Puis nous étudierons les effets sur le cerveau humain des différentes drogues en observant d’abord les troubles généraux liés à l’usage d’une substance, et en précisant les effets et les modes d’action de quelques drogues. Ainsi nous validerons ou non l’hypothèse d’une source d’inspiration qui se tarit : de l’inspiration à la décadence.

On peut alors dégager la problématique suivante : La drogue favorise-t-elle la création littéraire et à quel prix ?

I- QUAND LA DROGUE SE MELANGE A L’ENCRE...
A- François Rabelais et Le Tiers Livre

L’extrait du Tiers Livre de François Rabelais, écrivain de la Renaissance, que nous allons étudier est intitulé « L’éloge du Pantagruelion ». On peut noter que cette œuvre n‘a pas été tout de suite publiée pour cause de censure. Plus précisément, j’ai préfèré étudier la partie : "Pourquoi l’herbe est dite Pantagruelion et ses admirables vertus".
Nous noterons pour une meilleur compréhension que le Pantagruelion, véritable axe de ce passage, est une drogue dont on peut faire le large rapprochement avec le cannabis. Le Pantagruelion est une plante munie de feuilles qui, d’après Rabelais, dégagerait beaucoup de vertus aussi incroyables soient-elles.
Cet extrait du Tiers Livre, publié en 1546 par François Rabelais, est une véritable ode au Pantagruelion, il développe ses vertus ainsi que ses origines. Rabelais nous expose ainsi son avis bien que humaniste sur cette herbe et sur la condition humaine en général. Nous nous poserons la question :
Quel comportement, quelle image projette cet extrait de Rabelais vis-à-vis du Pantagruelion ?
Nous étudierons alors en premier lieu l’éloge parodique que fait Rabelais puis son aveuglement, son exagération, sa démesure.

1- L’éloge parodique
Dans cette partie du livre, Pantagruel, le narrateur de l’histoire, veut convaincre, persuader le lecteur sur les qualités de son herbe le Pantagruelion. Il vante ainsi son produit. Il expose alors ses vertus incroyables de façon détaillée dans un plan progressif.
Lorsque l’on lit cet extrait, on a l’impression que cette herbe est indispensable à notre société par les mots et expressions « sans elle... », « par le moyen de », il pose en effet la question « avec quoi ? ». Le Pantagruelion est partout, dans tous les milieux (le théâtre, la chasse, la médecine....), il possède une vocation universelle.
Il utilise sept fois l’expression « grâce à elle... » et utilise dès le début de très nombreuses gradations qui composent, presque à part entière, le texte, ce qui montre qu’il insiste sur les différentes propriétés de la plante.
Il démontre que sa découverte est au-dessus de tout , il utilise le superlatif très souvent comme par exemple « plus confortablement que... ».
Il personnifie même le Pantagruelion qui tendrait les arcs et arbalètes et qui est défini par de nombreux adjectifs ou verbes utilisés normalement pour des qualités ou actions humaines, voire même héroïques, tels que « couvre », « habille », « met en form e », « descend », ce qui nous décrit une fois de plus l’efficacité de cette herbe prestigieuse. Le narrateur donne différents noms à son sujet végétal (cette plante, herbe, Pantagruelion) ce qui désigne une fois de plus l’importance qu’il lui donne.
Ainsi le narrateur nous fait la description du Pantagruelion comme pour un personnage important du récit ce qui plonge celle-ci dans l’exagération.

2- La démesure
Plus on avance dans le récit, plus on rencontre de nombreux liens avec les textes anciens et sacrés tels que la Bible et la Mythologie grecque, ce qui donne un côté divin, comme si cette herbe rivalisait ou même défiait les Dieux de l’Olympe ou le Dieu biblique puisqu’il est dit que la consommation de ce végétal pourrait hisser à la vision des Dieux. Le narrateur s’amuse même à imaginer leur réaction.
Ainsi, ces vertus de plus en plus extraordinaires deviennent à la fois de plus en plus difficiles à croire et imaginaires, l’herbe pourrait guérir des brûlures, garder du froid et du feu, et permettrait la découverte de terres inconnues non accessibles même par les oiseaux, qui serait détenteur de voyage (imaginaire). Le narrateur nous dévoile alors, grâce à la grandeur l’originalité mais surtout à la démesure dont il fait preuve, une herbe formidable et magique.
Le lecteur imagine alors un Pantagruelion hors du commun, capable de tout et sans limite, à l’image de l’éloge que le narrateur en fait, un végétal que les dieux envieraient à l’Homme, une herbe superbe et suprême.
Ainsi Rabelais nous fait l’ode humaniste de son bien-aimé Pantagruelion. Après une description très détaillée de celui-ci, il rapporte ses formidables vertus.
Rabelais parait enthousiasmé par son sujet et plus encore influencé, aveuglé et même, par hypothèse, dépendant de cette herbe.
Il est intéressant d’étudier ce texte qui nous expose l’avis, le point de vue de Rabelais, un auteur majeur de la Renaissance, sur notre sujet intitulé « Les Paradis Artificiels », ce qui nous permettra par la suite de faire le lien avec Confessions d’un mangeur d’opium anglais de Thomas de Quincey.

B- Thomas de Quincey et Les Confessions d’un mangeur d’opium anglais
Le mangeur d’opium est paru le 8 septembre de l’an 1822. Thomas de Quincey, qui en est l’auteur, a longuement hésité avant de publier cet ouvrage car, il se met en quelque sorte à nu devant le monde entier, devant chaque lecteur potentiel. En effet, il nous transmet à travers ce livre, une grande partie de son existence. Il nous raconte les péripéties qui lui sont arrivées au cours de sa vie, son vécu, et cela même si cela peut parfois nous faire froid dans le dos et apporter aux lecteurs un sentiment de pitié. Mais il exprime par-dessus tout les effets de l’opium. Il s’analyse lucidement face à cette drogue.
En ce qui concerne notre auteur, il vécut du 17e au 18e siècle. Il naquit dans la fameuse et célèbre ville de Manchester le 15 août 1785. C’est alors qu’il n’était âgé que de seulement sept ans, n’étant encore qu’un enfant, que son père décéda. Il nous raconte son passé de brillant élève aux capacités éblouissantes. A treize ans, il écrit et parle couramment le grec, et en compose des vers, bien plus que difficile, lorsqu’il est âgé de seulement quinze ans. A dix-sept ans, il décide de s’enfuir de son école et part pour rejoindre le Pays de Galle. Mais le problème était le manque d’argent. Il vivait donc dans la mendicité et rencontra Anna, une jeune prostituée qui ne le laissa pas indifférent.
Une douleur physique provoquée par la faim trônait chez lui pendant plus de seize mois. « (…) je crois avoir enduré, en somme, tout ce qu’un homme peut endurer sans mourir. ». C’est en lisant des phrases de cette nature, que l’on se rend compte de l’atrocité de la chose. En plus du manque de nourriture, il n’avait aucun asile où dormir, et bien souvent, même pas de toit. Par la suite on lui prêta un habitat, cependant vide froid ainsi qu’habité par les rats. Il y avait par contre, dans cette sinistre maison, une enfant. Elle avait également le visage meurtri par la faim.
En ce qui concerne le sommeil de De Quincey, n’en parlons pas. Tout ce qui pourrait être qualifié de horrible conviendrait. Il le qualifiait même de sommeil « dog-sleep », c’est-à-dire « que je pouvais moi-même gémir, et, quand je m’éveillais, souvent il me semblait que c’était un bruit de ma propre voix. ». « Je ne dormais que d’épuisement et de lassitude, et j’ai déjà dit, que ma faiblesse, qui augmentait, m’endormait et m’éveillait continuellement. ». C’est cette effroyable sensation qu’il ressentait et qui d’ailleurs, commençait à le hanter. Il va même jusqu’à dire que c’est sa faiblesse qui l’endormait et le réveillait. Pendant son sommeil, si l’on peut qualifier cela de sommeil, il faisait désormais des cauchemars, d’horribles cauchemars.
Une rage de dent lui causa des rhumatismes à la tête ainsi qu’au visage. Il surmonta difficilement cette douleur, pendant vingt jours. Et, allant se promener afin de tenter de faire abstraction de ses horribles maux, il rencontra un de ses anciens camarades du collège, qui lui recommanda comme remède, l’opium. Il en prit donc pour la première fois en automne 1804, à Londres. Ses premières paroles furent : « Et en une heure ô ciel ! Quel changement ! ». Où même, il alla jusqu’à désigner les sensations que lui procurèrent cette drogue par le nom commun qui n’est autre qu’Apocalypse. Ce fut la révélation. Il alla même jusqu’à qualifier sa découverte avec l’opium, de paradis, ceci par ses paroles suivantes : « m’ouvrit ce paradis des mangeurs d’opium ! » et « (…) du plus profond abîme à la plus sublime exaltation ! ». Il faisait également l’éloge de cette drogue en disant que c’est un instrument de plaisir, ou de peine. Il était littéralement sous le choc, sous le bonheur de cette découverte, « C’était un trésor (…) », « secret du bonheur ». On voit bel et bien qu’il emploie les mots les plus grands pour définir ce plaisir intense auquel il vient de goûter. Par contre, il ne faut pas oublier que si l’on prend trop d’opium à la fois, ceci peut engendrer des conséquences désastreuses qui ne sont autres que la mort elle-même. Pour mettre en avant les fonctions de l’opium, Thomas de Quincey oppose face à face cette drogue avec les vertus du vin. Il dresse alors un tableau élogieux de l’opium, accompagné d’un tableau plutôt dépréciatif du vin, afin de mettre en avant l’opium, et tout ce qu’il procure, de la moindre sensation au moindre rêve.
« Premièrement donc, j’ai vu qu’on regardait généralement comme assuré que l’opium produisait ou pouvait produire l’ivresse. Mais, lecteur, je vous assure, que jamais de la plus forte quantité d’opium n’a résulté un pareil effet. Pour la teinture d’opium, elle produirait certainement l’ivresse, si un homme en pouvait supporter une dose assez considérable ; mais pourquoi ? Parce qu’on y trouverait certainement plus de liqueur spiritueuse, et non plus d’opium. Mais l’opium cru est incapable de donner aucun des symptômes qui suivent l’enivrement de l’alcool, et non pas en degrés, mais en nature ; ce n’est pas en quantité qu’ils diffèrent, mais en qualité. Le plaisir causé par le vin monte sans cesse, tendant à une crise, après laquelle il redescend ; celui de l’opium, une fois excité, reste huit heures ou dix heures : le premier, pour emprunter à la médecine un terme technique, donne une jouissance brève, le second une jouissance chronique. L’un est une flamme, l’autre un foyer.
Mais la principale distinction consiste en ceci, que toujours le vin dérange les facultés mentales, et que l’opium, loin d’accélérer, y apporte l’ordre et l’harmonie. Le vin ôte à l’homme la connaissance de lui-même ; l’opium la rend plus sensible et plus forte. Le vin, couvrant la pensée de nuage, grandit l’admiration ou le dédain, l’amour ou la colère, l’opium au contraire, introduit l’équilibre et la tranquillité dans toutes les facultés de l’homme, actives ou passives ; et, respectant le caractère (…voir si écrire…). »
Dans le paragraphe que je viens de vous citer, nous observons bel et bien cette opposition que nous crée de Quincey. Pour cela il se réfère à des figures de style telle que la métaphore qui est ici très présente. Il dit bel et bien, que l’opium n’apporte que de la positivité et met en avant l’imagination que procure cette drogue. « Le vin ôte à l’homme la connaissance de lui-même ; l’opium la rend plus sensible et plus forte. » Peut-être qu’il aurait écrit tout son livre sous l’effet de l’opium ? Ce qui lui aurait procuré « l’équilibre et la faculté » à rédiger.

L’opium produit le sommeil après un certain temps d’effet, soit aux environs de huit heures d’activité ; « (…) il doit donc produire le sommeil après un certain temps ; mais, pour ses premiers effets sont toujours, au plus haut degré, d’exciter le système entier du cerveau. La durée de son action est toujours de huit heures à peu près (…) ». Nous remarquons que dans cette situation, il va même jusqu’à parler de « exciter le système entier du cerveau », ce qui prouve les conséquences multiples que peut produire l’opium vu dans la partie scientifique suivante.
« Or, maintenant l’opium augmentant les facultés de l’âme, augmente nécessairement ce mode particulier de l’activité qui fait la jouissance. » Ceci dit, nous pouvons dire que l’opium construit un rôle avec le système de récompense, ce qui justifierait le terme choisit de l’auteur, étant le mot « jouissance », c’est un connaisseur et il se base sur des faits précis. Il répètera ce mot à plusieurs reprises notamment ici : « la musique même est jouissance trop grossière et trop sensuelle pour lui. » Même le mot « sensuelle » se réfère au système de récompense.
« Je crois pouvoir prouver que l’opium ne produit ni l’engourdissement ni l’inaction, mais, au contraire, fait courir les carrefours et les théâtres. » Ceci nous prouve que sous l’emprise de cette drogue, les facultés à inventer, écrire, jouer ne disparaissent pas du tout, mais apporte au contraire de la simplicité.
Il commença par la suite à faire des rêves, « Mais après avoir pris l’opium, je tombais dans de longues rêveries ».
Il emploie le vocabulaire suivant : « On va m’accuser de… » :
- Mysticisme, qui est une croyance selon laquelle l’homme peut, par diverses techniques, entrer en communication directe avec Dieu. Pour plus de facilité, nous allons apporter quelques synonymes : vision, spiritualité.
- Behménisme
- Quiétisme, étant une doctrine selon laquelle la perfection chrétienne réside dans la passivité de la contemplation, qui a pour synonyme passivité.
Tous ces mots employés faisant référence au côté religieux.

De Quincey nous raconte ensuite certains des rêves qu’il a pu faire et dont il se souvient, il va jusqu’à évoquer le fait que « Ces rêves étaient trop délicieux pour durer longtemps ! ». Dans ces rêves il y a parfois des mélanges de « tristesse et de joie ». Tout au long du récit, il ne cesse de faire l’éloge de l’opium en maniant bien le langage pour le mieux ; il va jusqu’à répéter certaine phrase en insistant bien : « Oh ! Gracieux subtil et puissant opium ! ». Puis quelques lignes plus tard : « Ô ! Gracieux subtil et puissant opium ! ». La seconde fois, il emploie même le Oh lyrique, afin d’apporter au lecteur une forte insistance et prise en compte.
L’auteur nous indique ensuite la fréquence dont il prend l’opium : tous les samedis soirs. A côté du chirurgien, vu précédemment, ce n’est , mais il faut beaucoup de moyens pour se procurer de l’opium car c’est très cher. Il raconte son histoire en Angleterre mais cependant évoque très peu le fait de parler de famille. Il reste discret sur ce point.

De Quincey a atteint un niveau, un summum d’exaltation qu’il lui est désormais impossible de diminuer l’opium. Mais pourtant, l’opium lui apporte désormais des « horreurs », de par des cauchemars horribles. « Vous serez prêt à me demander pourquoi je ne me débarrasse pas des horreurs de l’opium en le quittant, ou en diminuant la quantité des doses. Je vais bientôt avoir répondu. On a pu supposer que je cédais trop aisément au charme dans mes propres terreurs. Que le lecteur croie réduire la quantité. J’ajouterais que ceux qui m’ont vu souffrir de tels essais ont été les premiers à me supplier d’y mettre fin. » La prise d’opium avait totalement changé les effets. C’était devenu effroyable. Désormais il possédait la faculté de voir des fantômes. Ce qu’il faut avouer, n’est pas vraiment un cadeau.
Ensuite, il a commencé à avoir des « apparitions » de la sorte que tout ce qui pouvait traverser son esprit, il les traduisait en apparitions : « Tous le objets qu’il m’arrivait d’appeler ou de me retracer volontairement dans l’obscurité, étaient aussitôt transformés en apparitions ; de sorte que j’avait peur d’exercer cette faculté redoutable ; car, (…) dès qu’une chose se présenter aux yeux, je n’avais qu’à penser dans l’obscurité, et je la voyais paraître comme un fantôme ; et par conséquent apparemment inévitable, une fois ainsi tracée en couleurs imaginaires, comme un mot écrit en encre sympathique, elle arrivait jusqu’à un éclat insupportable qui me brisait le cœur. ». Son temps d’exaltation commence malheureusement à virer au cauchemar.
Il y avait désormais dans ces rêves, « une inquiétude et une mélancolie profonde », avec l’apparition du sentiment de l’espace et de celui de la durée, ce qui dans des rêves, peut provoquer d’atroces cauchemars.
Il se mit ensuite à se rappeler de souvenir lointain, de son enfance, lors de ces rêves ; choses qui ne se seraient pas produites, du moins dont il ne se serait pas souvenu s’il n’en avait pas rêvé ; « Les circonstances les plus minutieuses de l’enfance, les scènes oubliées de mes premières années, revivaient souvent dans mes songes ; je n’aurais pu me les rappeler ; car si on me les avait racontées le lendemain, je les aurais cherchées vainement dans ma mémoire, comme faisant partie de ma propre expérience. ».
Il en tira donc en conclusion, qui était que : « oublier est impossible à l’homme ».
Ces rêves étaient de plus en plus atroces. Ces doses étaient devenues journalières, à quantité extrême. Pourrions-nous dire que c’est cette forte augmentation de la quantité qui provoqua ce changement des effets, de la douceur des rêves aux plus atroces rêveries cauchemardesques ?
Pour introduire le commentaire des poèmes de Baudelaire, il est intéressant de savoir que ce dernier était également fervent consommateur d’opium. De plus, Thomas De Quincey à fortement inspiré Baudelaire pour l’écriture de Paradis artificiels, recueil de poèmes antérieur aux Fleurs du mal.

C- Charles Baudelaire et Les Fleurs du mal
A travers quelques poèmes issus des Fleurs du mal de Charles Baudelaire, et concernant le vin et l’opium, nous en préciserons les effets décrits, selon trois axes principaux : une élévation, une illusion et une décadence. En outre, on peut considérer deux niveaux différents dans ces textes, l’un spirituel, et le second plus physique, corporel.

1- Le vin : source d’élévation
Pour illustrer le premier axe de l’élévation, les deux poèmes choisis sont issus du chapitre « Le vin » : L’âme du vin et Le vin du Chiffonnier.
Lorsque l’on en traite la thématique spirituelle, la notion d’élévation se traduit par l’ascension de l’homme, aussi pauvre et démuni soit-il, vers Dieu.
Tout d’abord, dans L’âme du vin, on peut remarquer que Baudelaire donne vie au vin. Le vin a une âme, un esprit, c’est le vin qui parle. Cet alcool associe une double fraternité avec l’Homme. En effet, l’Homme est « déshérité », et le vin est « emprisonné » dans sa « prison de verre ». L’autre aspect de fraternité est celui qu’occasionne le vin, lorsqu’il rapproche les Hommes entre eux. Dans ce poème, on retrouve le thème de la gaieté, par l’intermédiaire du champ sémantique (« chantait », « joyeux », « femme ravie », « jaillira ») et celui des émotions (« joie », « chaude poitrine » -en opposition à « froids caveaux »-, « content », « amour »).
De plus, on peut penser que pour Baudelaire, il existe un rapport très important entre Dieu, l’Homme et le vin. Dieu, l’« éternel semeur », donne naissance au grain de raisin. Celui-ci est alors cultivé âprement par l’Homme (« Je sais combien il faut, […] De peine, de sueur […] Pour engendrer ma vie. »), qui sera lui-même récompensé de son dur labeur (« J’éprouve une joie immense quand je tombe dans le gosier d’un homme usé par ses travaux »). Puis l’Homme rend un hommage à Dieu, en composant ses poèmes, grâce au vin qui l’inspire (« Pour que de notre amour naisse la poésie, qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur »).
Le vin apporte donc au buveur joie, force, amour et puissance créatrice pour la poésie, alors qu’initialement, il est « déshérité », « usé par ses travaux », « frêle athlète de la vie ».
Dans Le vin des chiffonniers, on assiste également à cette élévation, à cet enchantement. En effet, le chiffonnier, qui vit dans des conditions miséreuses (« labyrinthe fangeux », « ferments orageux », « vomissements », « mourir de silence »), s’élève au niveau divin (« gloire », « sublime », « terrasse les méchants », « relever les victimes »). La boisson donne au miséreux force et gloire (« batailles », « drapeaux », « bannières », « arcs triomphaux », « vrais rois ») et le bombarde de sensations et d’émotions (« odeur de futailles », « cris », « or », « éblouissement », « lumineuse »,). L’alliance Homme - Vin - Dieu est encore présente, Dieu et le soleil permettent au vin et à l’homme d’être réunis, c’est l’ivresse d’amour.
Cependant, on peut interpréter ces deux poèmes d’une manière physiologique. En effet, Baudelaire décrit parfaitement les différents effets de l’alcool sur le cerveau humain. Il traite la dépendance de l’Homme à cette substance qui est prêt à souffrir pour avoir sa dose ( deuxième et troisième strophes) et la récompense de l’Homme lorsqu’il boit son vin. On peut en effet penser que le poète fait de l’ironie et qu’il se sert du vin comme d’un intermédiaire : lorsqu’il écrit « j’éprouve un joie immense quand je tombe dans le gosier d’un homme usé par ses travaux », il insinue que c’est l’Homme qui éprouve cette joie. C’est donc l’activation du système de récompense qui sera détaillé ultérieurement. Il en indique aussi les effets, comme l’hallucination, notamment dans Le vin des chiffonniers, où le chiffonnier se prend pour un guerrier (« suivi de compagnons ») et la stimulation, encore dans L’âme du vin, dans la cinquième strophe. Il note également l’ouverture de l’Homme ivre vers les autres, « un chant plein de lumière et de fraternité ». Il parle aussi de l’euphorie : « Les coudes sur la table et retroussant tes manches, tu me glorifieras et tu seras content. »

2- Le vin : source de décadence
Le deuxième axe que l’on peut étudier est celui de la décadence, notamment dans Le vin de l’assassin. Ici, le vin est associé à la mort. Le narrateur nous raconte le meurtre de sa femme, une mort obscure, pleine de folie. Le narrateur associe le vin à un linceul : « un seul songea-t-il à faire du vin un linceul ? ». Dans ce poème apparaît la notion « d’ivre mort ». Contrairement à l’élévation vue précédemment, on assiste à un retour, un enfoncement pathétique dans la Terre (« je me coucherai sur la Terre », « je dormirai comme un chien », « écraser ma tête coupable », « me couper par le milieu »).
L’assassin était libre, heureux, ivre de boire, puis il a dû étancher une « horrible soif ». Le vin devient alors une « crapule invulnérable », « une machine de fer », qui détruit par de « noirs enchantements ». L’Homme devient solitaire et il verse des « larmes ». Il n’y a plus d’amour véritable. Le vin a tué l’amour.
Là encore, on peut traiter ce poème de manière plus physiologique. L’assassin a sombré dans la dépendance à l’alcool et a observé sa propre décadence. On pourrait dresser un parallèle avec Thomas De Quincey, bien que ce dernier ait été addict à l’opium et non à l’alcool. Baudelaire ne notifie donc dans Le vin de l’assassin que les effets négatifs, c’est-à-dire l’accoutumance, la dépendance et enfin la décadence, contrairement aux effets décrits dans les deux poèmes précédents. L’assassin est sujet à une démence, il est pris de folie.

3- Le vin : source d’illusion
Le troisième axe est celui de l’illusion. Trois poèmes correspondent à cet axe. Ils sont Le vin du solitaire, Le vin des amants, et Le poison.
Dans Le vin du solitaire, Baudelaire compare les états humains avec et sans alcool. Sans vin, la vie est terne, sans relief, fade, avec très peu de sensations, sans couleurs (« le blanc de la lune »), peu glorieuse (« dernier sac d’écus »), sans amour, sans passion (« la maigre Adeline »). L’Homme éprouve de la douleur lorsqu’il n’a pas d’alcool. Avec le vin, la vie est comblée de sensations (« baume pénétrant »), le vin apporte la vie (« panse féconde » de la bouteille). Il apporte également « l’espoir », « la jeunesse », la gloire (« triomphants »). Toutefois, à la différence des poèmes précédents, l’apport du vin est moins univoque. En effet, le narrateur se rend compte que tout cela n’est qu’une illusion (« nous ne sommes que des gueux », « orgueilleux »).
Dans Le Vin des amants, on retrouve la notion du voyage, très caractéristique de Baudelaire. Le vin est alors un allié. Il entraîne le buveur dans un voyage fantastique. On retrouve le champ sémantique du merveilleux : « féérique », « divin », « anges », « calenture » (malaise des marins lorsqu’ils franchissaient la ligne de l’équateur, c’est donc un renvoi au voyage), « mirage », « délire », « paradis », « rêves », « espace ».
L’ivresse rend libre. Baudelaire utilise alors le champ sémantique de la liberté (« sans mors », « sans bride », « lointain », « tourbillon », « ailé »). Une autre alliance naît entre l’Homme, le Vin et l’Amour et elle ouvre les portes du paradis.
Cependant, le vin n’apporte là encore pas uniquement félicité et joie, mais de la douleur : « torture de l’implacable calenture » et le voyage ne paraît pas si agréable et tranquille que cela : « balancés », « fuite », « sans repos ni trêve ». C’est donc un rappel du pouvoir du vin sur l’Homme : ce breuvage ne donne que l’illusion de la liberté.
Dans Le poison, Baudelaire décrit une ambiance sinistre due aux différents pouvoirs exercés sur l’Homme que sont le pouvoir de l’opium et le pouvoir des femmes. Le pouvoir de la drogue est celui de la transformation de ce qui pourrait nourrir le « spleen », c’est-à-dire le sordide (« sordide bouge »), le nébuleux (« ciel nébuleux »), en un monde sans barrières, expansible encore plus qu’à l’infini, vers le divin. Baudelaire parle ici d’opium, donc il était fervent consommateur.
On retrouve le champ sémantique du fantastique (« miraculeux », « fabuleux »), celui des couleurs (« or », « rouge »). Le poète nous fait part d’une sensation de volupté, d’une sensation d’avoir « l’âme pleine de plaisirs ». Mais ces plaisirs sont « noirs et mornes ».
Le pouvoir de la Femme est encore supérieur et plus intense, avec une attraction beaucoup plus forte, mais fatale , qui mène aux « rives de la mort ». Ce pouvoir provoque une souffrance chez l’Homme (« mon âme tremble », « des gouffres amers », « vertige », « défaillante », « mort »).

Pour conclure, on peut dire que Baudelaire organise tout d’abord un éloge du vin, à travers L’âme du vin et Le vin des chiffonniers en mentionnant l’élévation vers Dieu ainsi que l’inspiration divine à travers le lien réccurent Dieu – Homme - Vin puis en énumérant selon l’angle d’approche les effets positifs du vin. Dans Le vin de l’assassin, il le blâme en citant ses méfaits et ses conséquence désastreuses (l’assassin a tué sa femme). Enfin, il évoque la notion d’illusion à travers la description d’ambiances sinistres, sordides ou fantastiques, amenant ainsi une ambivalence par rapport au produit. On peut dire que Baudelaire met donc en place toute une argumentation pour vanter les bienfaits du vin tout en signalant le danger potentiel de cette boisson.

II- CE QU’EN DIT LA SCIENCE
Le cerveau, hérité des bilaterriens, est au jour d’aujourd’hui répandu chez chaque espèce terrestre. C’est la partie du corps la plus complexe n’ayant jamais été étudiée par l’homme. Il agit comme une sorte d’ « ordinateur » qui gère chaque geste, sensation, ou même instinct de chaque individu.
Nous pouvons définir deux types de cerveaux extrêmement différents : celui des invertébrés et celui des vertébrés. Dans le cadre de notre sujet se tournant vers l’étude de l’homme qui est un vertébré, nous étudierons alors son type de cerveau.
Les vertébrés, apparus à la surface de la terre il y a près de 500 millions d’années, comportent tous la même structure cérébrale. Mais, cette structure a évolué et a ainsi grossi, en particulier chez les mammifères. Il est intéressant de savoir que la taille de cet organe est proportionnelle à celle de l’organisme qu’il gère, et non à son Q.I !

A- Anatomie du cerveau humain
Bien qu’il ne représente que 2% de notre corps, le cerveau est l’organe le plus protégé contre les menaces extérieures et intérieures. Le crâne agit tel une armure séparée par un système membranaire du cerveau composé de méninges. Le liquide cérébro-spinal protège le cerveau en cas de choc et transporte hormones et nutriments à travers le tissu cérébral.
Nous remarquons également la présence de vaisseaux sanguins, servant à irriguer le système nerveux central. Près de ces vaisseaux sanguins, une barrière de cellules est formée afin d’empêcher toute toxine de s’introduire avec le sang. Ces dernières agissent ainsi de manière comparable à un filtre.
Notre cerveau est divisé en deux hémisphères, une partie droite et une gauche. Chacune a pour rôle de s’occuper d’un seul côté du corps. L’hémisphère gauche s’occupe du côté droit et inversement.
Les neurones se rassemblent en réseaux, ce qui crée des structures ayant chacune une fonction bien définie. Il existe une dizaine de ces structures dites « importantes ».

Le cerveau est composé de 5 lobes, chacun étant détenteur de parties mineures ayant une fonction précise :
- le lobe frontal ;
- le lobe pariétal ;
- le lobe temporal ;
- le lobe occipital ;
- l’ensemble des lobes limbiques (interne).

En neuro-anatomie, nous pouvons distinguer six régions principales : le télencéphale, le diencéphale, le mésencéphale, le cervelet, le pont de Varole, et la Medulla oblongata. Elles ont toutes une fonction primordiale directe, ou alors, une fonction passant par l’intermédiaire d’organes.
Le bulbe rachidien, également appeler medulla oblongata, n’est autre que le prolongement de la moelle épinière. Il est impliqué dans les fonctions motrices et sensitives.
L’hypothalamus est un petit organe situé sous le prosencéphale. Il a pour action de réguler et contrôler de nombreuses fonctions biologiques essentielles, telles que l’éveil et le sommeil, la faim et la soif, ou même la libération d’hormones.
Le thalamus est impliqué dans la motivation. La zona incerta, ou région sous-thalamique, joue un rôle au niveau des comportements élémentaires comme la faim, la soif, la défécation et la copulation.
Le cervelet lui joue un rôle majeur dans la coordination des mouvements en modulant et optimisant les informations provenant d’autres régions cérébrales afin de les rendre plus précises.
Le tectum, partie supérieure du mésencéphale, permet de diriger les actions dans l’espace à partir des sens, par exemple l’ouïe, la vue.
Le pallium est une couche de matière grise qui s’étale sur la surface du prosencéphale. Il permet la mémoire visuelle et l’olfaction. Chez l’homme, cette partie est majeure.

Les ganglions de la base sont un groupe de structures interconnectées situées dans le prosencéphale. Sa fonction est la sélection des actions, il envoie des signaux à d’autres partie du cerveau qui gèrent ces actions. Dans certains cas, ce processus permet de lever l’inhibition et donc permet le déroulement de ces actions. Les récompenses et les punitions, dont nous parlerons plus bas, exercent leurs plus importants effets neuraux au niveau des ganglions.

Le bulbe olfactif est une structure particulière qui traite les signaux olfactifs et envoie l’information vers la zone olfactive du pallium.

B- Système de récompense
Pour survivre, une espèce doit se nourrir, se reproduire et se défendre en cas de danger. L’évolution de notre race a mis en place un système nous permettant de ressentir une agréable sensation lorsque ces actions dites vitales, nous donnant envie de recommencer. Ce système est nommé système de récompense ou système limbique.
Ce système joue un rôle essentiel pour le bien être et la satisfaction de chacun.
Les drogues exercent leurs actions en renforcent artificiellement ces sensations.
On peut illustrer ce système par une expérience, menée dans les années 50, sur un rat, qui met en évidence le principe du système limbique. Dans certaines zones du cerveau, on implante des électrodes reliées à un système de stimulation pouvant être déclenché par l’animal lui-même, par pression sur une pédale. Au début, c’est de manière fortuite que l’animal appuie sur la pédale, mais très rapidement, on constate que l’animal se met à actionner la pédale de manière répétitive. Cette autostimulation devient même incessante à tel point que l’animal peut alors cesser de s’alimenter.

Le système de récompense est constitué d’un ensemble de neurones dopaminergiques qui permet de relier le cerveau moyen au système lymbique et au cortex cérébral. Ce processus est utilisé lors d’une consommation de substances psycho-actives : les drogues. Il faut savoir que dans le cerveau, l’information se propage sous forme d’activité électrique se déplacant de synapse en synapse grâce à des neurotransmetteurs.
Tout commence dans l’aire tegmentale ventrale : c’est à cet endroit que l’information venue d’autres parties du cerveau se réunit, indiquant alors le niveau de satisfaction des besoins fondamentaux. Ensuite, cette information est transmise par l’intermédiaire de la dopamine (neurotransmetteur) dans d’autres parties du cerveau : le noyau accubens, le septum, l’amygdale ainsi que le cortex préfrontal.
On peut noter que le noyau accubens est en lien direct avec les mouvements de l’individu alors que le cortex préfrontal agit au niveau de l’attention. Toute les parties du cerveau qui sont prises en compte dans le système de récompense -c’est-à-dire le noyau accuben, le septum l’amygdale, le cortex préfrontal et l’aire tegmentale-, sont liées par le faisceau de la récompense. Ce dernier faisant partie du medial forbrain bundle. Lors de ce processus, le niveau de dopamine se verra alors augmenté dans le cerveau se qui renforcera l’envie d’une des actions fondamentales. Ce dernier est mis en action lors d’une consommation de substances psycho-actives : les drogues.

C- Troubles liés à l’utilisation d’une substance
1- Dépendance à une substance :
La caractéristique la plus importante de la dépendance à une substance est que le sujet dépendant continue à consommer ces substances malgré la conscience qu’elles lui sont problématiques. Il existe alors un mode d’utilisation répété qui conduit à la tolérance, au sevrage et à un comportement de prises compulsives. Les symptômes de dépendance sont identiques quelles que soient les drogues. Seule l’intensité de la dépendance varie en fonction des classes de drogues.

Un sujet est dépendant s’il présente au moins trois des symptômes présentés ci-dessous :
- la tolérance = besoin de plus de quantité pour obtenir les mêmes effets et diminution des effets si il n’y a pas d’augmentation des doses ;
- le sevrage qui est caractéristique à la substance, avec prise de la substance pour soulager ou éviter les symptômes de sevrage ;
- augmentation de la quantité et de la durée de prise ;
- désir et/ou efforts infructueux pour diminuer ou contrôler l’utilisation de la substance ;
- perte de temps pour l’obtention et l’utilisation de la substance ;
- abandon d’activités sociales, professionnelles et de loisir pour l’utilisation de la substance ;
- utilisation continue de la substance bien que le sujet ait conscience des problèmes qu’elle lui cause.
La dépendance physique est traduite par des symptômes physiques (convulsions, sueurs, tremblements) ainsi que comportementaux (irritabilité, agitation, angoisse, dépressions, anxiété).
Le manque est l’envie impérieuse d’utiliser la substance. Il est ressenti par tous les sujets dépendants à une substance. Pour éviter ce syndrome, certains sujets vont même jusqu’à la recherche de nouveaux produits pour obtenir des effets plus ou moins semblables.
La dépendance psychique est liée au bénéfice psychique engendré par la consommation du produit (phénomène de renforcement évoqué plus haut). Elle continue après le sevrage et est alimentée par la mémoire des expériences positives liées à la consommation du produit.

Notons que l’abus d’une substance est l’étape précédant la dépendance. Certains critères de l’abus sont similaires à ceux de la dépendance (incapacité à remplir des obligations majeures, utilisation de la substance malgré le risque physique et les problèmes sociaux) et la marge entre les deux troubles est mince.

2- Le sevrage
Le sevrage à une substance correspond à la modification comportementale due à l’arrêt ou à la réduction de la consommation d’une substance. Très souvent, le sevrage est associé à une dépendance à une substance (alcool, amphétamines, cocaïne, nicotine, opiacés...). Les symptômes de sevrage varient en fonction de la substance concernée. La quantité, la durée d’utilisation et les maladies présentes affectent, ainsi que d’autres facteurs, les symptômes de sevrage.

3- Intoxication
La caractéristique essentielle de l’intoxication à une substance est le développement d’un syndrome réversible dû à l’exposition récente à cette substance. L’intoxication dépend donc de la substance consommée en trop grande quantité durant une longue période.
On parle d’intoxication quand on constate :
- le développement d’un syndrome réversible spécifique d’une substance dû à l’exposition récente à cette substance ;
- des changement comportementaux ou psychiques inadaptés et cliniquement significatifs dus aux effets de la substance sur le système nerveux central ;
- que les symptômes sont donc dus à cette substance et non à une affection médicale.

D- Les effets des différentes drogues sur le cerveau
Nous n’évoquerons ici que les substances évoquées par les auteurs cités plus haut.

Lorsqu’une action est récompensée, le comportement à l’origine de cette satisfaction est renforcé. On parle alors de renforcement positif, exactement comme la nourriture qu’on donne à un chien qui vient de nous écouter.
On parle aussi de renforcement négatif quand quelque chose de désagréable est éliminé pour favoriser un comportement : c’est le chien qui apprend à se coucher pour diminuer la tension de la laisse que le maître tire vers le bas.
Toutes les drogues agissent de la même manière sur le cerveau : elles occasionnent une libération plus ou moins importante de dopamine, soit en se fixant à un récepteur qui entraîne directement cette augmentation, soit en se fixant à un récepteur qui entraîne l’inhibition d’un inhibiteur. Cependant, chacune agit avec sa propre molécule, d’où les différence au niveau des effets, sensations, et pathologies entraînées.

1- L’opium
Les opiacés sont des dérivés de la plante de pavot. L’opium est la sève récoltée dans le bulbe de la plante de pavot.
L’opium, notamment, est utilisé à des fins thérapeutiques depuis l’antiquité. C’est seulement depuis le milieu du XIX ème siècle qu’il ne sert plus dans la médecine. On le consomme en le fumant dans une pipe. On peut ici dresser un parallèle avec Thomas de Quincey, qui considérait l’opium comme le « secret du bonheur » : « J’eus la révélation que, dans l’opium, résidait le secret du bonheur, celui dont les philosophes avaient débattu pendant si longtemps. ». Lors de l’arrêt d’une consommation chronique d’opium, le sujet peut ressentir anxiété, détresse ou dépression.
Certains neurotransmetteurs de notre cerveau sont quasiment similaires aux opiacés : les opioïdes endogènes. Ils interviennent dans la réponse à un stimulus douloureux, dans la régulation de la faim ou de la soif, dans la réponse immunitaire etc. Les opioïdes endogènes agissent sur les récepteurs mu kappa et delta, présents en grande quantité dans le cerveau.
Or, comme les opiacés sont similaires aux opioïdes endogènes, ils peuvent les imiter et se fixer à leur place sur les récepteurs des opioïdes. Lorsqu’un opiacé vient se fixer sur un récepteur d’opioïde endogène, une réaction diminuant le taux de neurotransmetteur GABBA (inhibiteur à la dopamine) se déclenche. Ce neurotransmetteur inhibiteur régule la quantité de dopamine libérée dans l’aire tegmentale ventrale. Ainsi, la prise d’un opiacé empêche le contrôle de la libération de la dopamine, d’où cet effet euphorisant.

2- Le cannabis
Les effets à court terme dépendent amplement de l’état d’esprit du sujet avant la prise. Les effets sont une relaxation, une séparation à l’environnement, des difficultés à la concentration, de la somnolence, étourdissement, excitation, distorsion de la perception des sons, des couleurs, et du toucher, sentiment paranoïdes, humeurs exagérées, changeantes, déréalisation. Le consommateur peut être sujet à une amnésie des faits récents, une altération des performances au volant similaires à celle due à l’alcool, des troubles de l’attention, de la coordination psychomotrice, ainsi qu’une augmentation du temps de réaction.
Les effets à long terme sont l’apparition de troubles cognitifs. La consommation de cannabis répétée en hautes quantités peut se répercuter sur la scolarité de l’adolescent. On constate une perte de la mémoire à court terme cependant réversible si la consommation est stoppée. Le consommateur subit une démotivation, et à une conduite à risque plus fréquente, ainsi qu’une dégradation relationnelle, et des difficultés à parler de sa consommation.
Le sevrage du cannabis chez un dépendant commence dès 24h. Son sommet est atteint en environ 72h, et il redescend progressivement en sept à dix jours. Il se traduit par un irritabilité et une anxiété, une diminution de l’appétit, ainsi qu’une dégradation de l’humeur, une tension physique, une impatience, des tremblements, des sueurs, des insomnies. On constate une ressemblance avec le sevrage des opiacés.
Le principe actif du cannabis, le Δ9-THC, agit sur le cervelet, ce qui peut expliquer les troubles de coordination motrice. Il agit également sur l’hippocampe, l’aire tegmentale ventrale, et le noyau accubens avec un libération de dopamine plus importante. On peut donc expliquer les troubles de la mémoire à court terme, et l’effet euphorisant. Le Δ9-THC n’exerce aucune action sur le tronc cérébral. Les effets durent environ 15min lors de l’inhalation, et environ 4 à 6h lors d’une prise orale. Cependant on constate un retardement de l’apparition des effets au fil des prises, c’est la tolérance.

3- L’alcool
L’alcool est obtenu par fermentation du sucre et de l’amidon contenu dans les végétaux riches en sucre. La fermentation vient de la catalyse du sucre. L’alcool n’est pas digéré, il passe directement des intestins dans le sang.
Les effets immédiats de l’alcool sont une diminution de la vigilance, une perte du contrôle de soi et des expositions à des agressions causées à des attitudes provocatrices, des nausées et vomissements. Les effets d’une consommation régulière sont des cancers, des maladies du foie et du pancréas, des troubles cardiovasculaires et du système nerveux, hypertension artérielle, anxiété, dépressions, troubles du comportements. L’intoxication alcoolique peut aboutir au coma (éthylique, ici) lorsque la quantité d’alcool ingérée est trop importante. Elle peut également aboutir à la dépression des centres respiratoires.
L’alcool est très dangereux car il occasionne une mort neuronale en empêchant le cerveau d’approvisionner les neurones en vitamine B, vitamine essentielle à leur vie, et également en réduisant la glycémie, substance nécessaire au fonctionnement du cerveau. Ces morts neuronales se situent dans le cervelet, l’hippocampe et dans le cortex. Ainsi, la personne peut être « ébrieuse » à vie à cause de lésions trop importantes dans le cervelet, ou alors souffrir de troubles de la mémoire si ces lésions se situent dans l’hippocampe. Elle peut également souffrir de troubles démentiels si les lésions se localisent dans le cortex. Bien évidemment, ces troubles peuvent exister tous en même temps.
Les différents troubles liés à l’alcoolisme chronique sont :
- l’ivresse pathologique : l’ivresse constitue un état pathologique comportant une modification de l’humeur, le plus souvent dans le sens de l’expansivité, une incoordination motrice et une transformation du comportement liée à la levée des inhibitions habituelles. Chez certains sujets, l’ivresse pathologique peut prendre plusieurs formes, telles que la fureur, la violence, l’agressivité, l’hallucination ou même le délire.
- le delirium tremens : cette complication neurologique de l’alcoolisme consiste en un sevrage aigu. Les effets sont hallucinations auditives et visuelles, délocalisation dans l’espace et dans le temps, état fébrile pouvant occasionner un arrêt cardiaque ainsi que la mort ;
- encéphalopathie Gayet-Wernicke : cette pathologie est due à une carence découlant elle-même le plus souvent d’un alcoolisme chronique, parfois d’une dénutrition sévère. Les signes en sont une désorientation temporo-spatiale, des troubles de la vigilance (somnolence), des troubles de la station debout et de la marche (par atteinte du cervelet et/ou des nerfs périphériques), une hypertonie (raideur), une paralysie des mouvements oculaires. En l’absence de traitement, la maladie peut évoluer vers un syndrome de Korsakoff (troubles graves de la mémoire) ;
- atrophie cérébelleuse des alcooliques : on constate des troubles de la coordination surtout au niveau des membres inférieurs dus à des facteurs carentiels ;
- encéphalopathie de Marchiafa-Bignami : elle se traduit par une démence progressive, un état confuso-stuporeux,voire même comateux.

CONCLUSION
A travers les diffentes œuvres littéraires de Rabelais, de Quincey et Baudelaire, nous avons pu observer et nous représenter l’effet et l’influence qu’ont eu les drogues sur leur créativité et leur mentalité.
En effet, dans le Tiers Livre, François Rabelais est complètement illusionné, aveuglé par le Pantagruelion, dont il loue les bienfaits. A tel point que l’auteur ne peut imaginer le monde sans cette herbe : il est dépendant au cannabis.
Dans le cas de Thomas de Quincey, l’opium, grâce auquel il soulage les atroces douleurs et souffrances occasionnées par ses conditions de vie misérables, lui permet de sortir de ce monde qui le traumatise. Cependant, au fur et à mesure des prises, il est sujet à une accoutumance qui le réduit finalement à néant.
Baudelaire, poète maudit, témoigne d’une élévation vers Dieu (ainsi que le signalait son prédecesseur Rabelais) lors de la consommation d’alcool. Cependant, il fait également référence à la décadence et à la mort occasionnées par l’abus d’alcool.

Grâce à la partie scientifique, nous pouvons affirmer que l’utilisation de substances endommage gravement le cerveau (au niveau de différents organes tels que l’hippocampe, le cervelet, le cortex préfrontal) et d’autres organes vitaux dans le corps comme le foie.
Lorsque Rabelais, de Quincey et Baudelaire sont illusionnés par le cannabis, l’opium ou l’alcool, on peut penser qu’ils font référence à l’effet euphorique que ces substances procurent. En effet, le cannabis procurerait une sensation de voyage, un changement de condition pour Rabelais, qui sont expliqués par l’effet du T.H.C. sur le cerveau.
Thomas de Quincey profitait de l’effet des opiacés sur le noyau accubens pour soulager ses douleurs. Il s’est accoutumé à cette substance et s’en est intoxiqué.
Baudelaire puisait son inspiration dans l’opium et l’alcool, dont il liste et vante les effets sur le cerveau.
Les drogues amorcent donc la créativité, de par l’euphorie, l’augmentation des sensations et du plaisir qu’elles procurent ; les auteurs en témoignent. Cependant, ils nous rappellent également les effets négatifs, et les types d’usages induits non plus seulement par la recherche d’inspiration, mais plutôt par la recherche d’apaisement de la douleur, notamment dans le cas de Thomas de Quincey. De plus, l’isolement de l’artiste, du fait de sa position particulière dans la société, sa marginalité, peut également le pousser à consommer des substances. Mais suite à la prise régulière et conséquente de drogues, le consommateur est sujet aux troubles liés à l’usage d’une substance, analysés plus haut. C’est ainsi sans doute le prix à payer pour retrouver ces états de fertilité créative.

A N N E X E S
Glossaire

- amnésie : manque de mémoire, un grand mal à apprendre de nouvelles choses et de se souvenir de celles déjà acquises.
- analgésie : absence du ressenti de la douleur
- état confuso-stuporeux : état dans lequel le sujet est désorienté et très ralenti, voire figé
- dopamine : neurotransmetteur permettant le passage de l’influx nerveux entre les neurones. Elle est fabriquée par les neurones dopaminergiques. La maladie de Parkinson est due à l’absence ou au manque de dopamine dans la substance noire.
- inhibiteur : facteur qui ralentit une réaction chimique
- paranoïdes : état de pensée de paranoïa, sentiment que tout l’environnement nous veut du mal
- noradrénaline : neuromédiateur, espèce chimique qui sert de messager entre différentes cellules
- récepteurs : complexe situé à la surface des cellules capable de fixer une molécule informative et de convertir des informations entrainant une action de la cellule concernée
- sérotonine : neurotransmetteur
- stimulus : facteur qui déclenche une réaction psychologique, par exemple lorsqu’une personne se retrouve dans une situation de danger, tel un incendie, elle aura naturellement le réflexe de fuir.
- tétanie : symptôme qui présente des contractures des extrémités et qui est provoqué par la forte sensibilité des nerfs à divers stimulations

Les oeuvres de Charles Baudelaire : Le vin – Les fleurs du mal

L’âme du vin

Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles :
"Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité !

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et me donner l’âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;

J’allumerai les yeux de ta femme ravie ;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L’huile qui rafermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l’éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! "

Le vin des chiffonniers

Souvent, à la clarté rouge d’un réverbère
Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre,
Au cæur d’un vieux faubourg, labyrinthe fangeux
Où l’humanité grouille en ferments orageux,

On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête,
Butant, se cognant aux murs comme un poëte,
Et, sans prendre souci des mouchards, ses sujets,
Epanche tout son cæur en glorieux projets.

Il prête des serments, dicte des lois sublimes,
Terrasse les méchants, relève les victimes,
Et sous le firmament comme un dais suspendu
S’enivre des splendeurs de sa propre vertu.

Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage,
Moulus par le travail et tourmentés par l’âge,
Ereintés et pliés sous un tas de débris,
Vomissement confus de l’énorme Paris,

Reviennent, parfumés d’une odeur de futailles,
Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles,
Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux.
Les bannières, les fleurs et le arcs triomphants

Se dressent devant eux, solennelle magie !
Et dans l’étourdissante et lumineuse orgie
Des clairons, du soleil, des cris et du tambour,
Ils apportent la gloire au peuple ivre d’amour !

C’est ainsi qu’à travers l’Humanité frivole
Le vin roule de l’or, éblouissant Pactole ;
Par le gosier de l’homme il chante ses exploits
Et règne par ses dons ainsi que les vrais rois.

Pour noyer la rancæur et bercer l’indolence
de tous ces vieux maudits qui meurent en silence,
Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil ;
L’Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil !

Le vin de l’assassin

Ma femme est morte, je suis libre !
Je puis donc boire tout mon soûl.
Lorsque je rentrais sans un sou,
Ses cris me déchiraient la fibre.

Autant qu’un roi, je suis heureux ;
L’air est pur, le ciel admirable...
Nous avions un été semblable
Lorsque j’en devins amoureux !

L’horrible soif qui me déchire
Aurait besoin pour s’assouvir
D’autant de vin qu’en peut tenir
Son tombeau ; - ce n’est pas peu dire :

Je l’ai jetée au fond d’un puits,
Et j’ai même poussé sur elle
Tous les pavés de la margelle.
- Je l’oublierai si je le puis !

Au nom des serments de tendresse,
Dont rien ne peut nous délier,
Et pour nous réconcilier
Comme au beau temps de notre ivresse,

J’implorai d’elle un rendez-vous,
Le soir, sur une route obscure.
Elle y vint ! - folle créature !
Nous sommes tous plus ou moins fous !

Elle était encore jolie,
Quoique bien fatiguée ! Et moi,
Je l’aimais trop ! voilà pourquoi
Je lui dis : Sors de cette vie !

Nul ne peut me comprendre. Un seul
Parmi ces ivrognes stupides
Songea-t-il dans ses nuits morbides
A faire du vin un linceul ?

Cette crapule invulnérable
Comme les machines de fer
Jamais, ni l’été ni l’hiver,
N’a connu l’amour véritable,

Avec ses noirs enchantements,
Son cortège infernal d’alarmes,
Ses fioles de poison, ses larmes,
Ses bruits de chaînes et d’ossements !

- Me voilà libre et solitaire !
Je serai ce soir ivre mort ;
Alors, sans peur et sans remord,
Je me coucherai sur la terre,

Et je dormirai comme un chien !
Le chariot aux lourdes roues
Chargé de pierres et de boues,
Le wagon enragé peut bien

Ecraser ma tête coupable
Ou me couper par le millieu,
Je m’en moque comme de Dieu,
Du Diable ou de la Sainte Table !

Le vin du solitaire

Le regard singulier d’une femme galante
Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc
Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant,
Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante ;

Le dernier sac d’écus dans les doigts d’un joueur ;
Un baiser libertin de la maigre Adeline ;
Les sons d’une musique énervante et câline,
Semblable au cri lointain de l’humaine douleur,

Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
Les baumes pénétrants que ta panse féconde
Garde au coeur altéré du poëte pieux ;

Tu lui verses l’espoir, la jeunesse et la vie,
- Et l’orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux !

Le vin des amants

Aujourd’hui, l’espace est splendide !
Sans mors, sans éperons, sans bride,
Partons à cheval sur le vin
Pour un ciel féérique et divin !

Comme deux anges que torture
Une implacable calenture,
Dans le bleu cristal du matin
Suivons le mirage lointain !

Mollement balancés sur l’aile
Du tourbillon intelligent,
Dans un délire parallèle,

Ma sæur, côte à côte nageant,
Nous fuirons sans repos ni trêve
Vers le paradis de mes rêves !

_ Bibliographie
- Le Tiers Livre, François Rabelais, Paris 1997, Editions du Seuil
- Confessions d’un mangeur d’opium, Thomas de Quincey,
- Les Fleurs du Mal, Charles Baudelaire, Paris 1989, Editions Pocket
- Les Fleurs du Mal, Marie-Eve Thérenty, Collection « Etude de l’œuvre, Repères Hachette », Paris 1999, Editions Hachette Livres
- Neurotransmetteurs, J.M. Meunier, A. Shvaloff, Abrégés Masson, Paris 1992,1995, Editions Masson.
- Neurologie,J. Cambier, M. Masson, H. Dehen, Abrégés Masson, Paris 1994, Editions Masson.
- DSM IV – TR, Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux, American Psychiatric Association,, Paris 2003, Editions Masson.
- Le Grand Larousse du Cerveau, Rita Carter et coll., Paris 2010, Editions Larousse.
- Hervé Ratel, « Une nouvelle piste pour comprendre l’addiction », Sciences Et Avenir n° 740, octobre 2008
- Dossier « Alcool, Plaisir et Dépendance », Cerveau et Psycho n° 29, septembre – octobre 2008
- Dossier « Le Cerveau Halluciné », Cerveau et Psycho, n° 31, janvier, février 2009
- http://www.alcoolisme.org : « Les effets de la consommation d’alcool au niveau de l’organisme »
- http://www.prevention.ch : « L’alcool dans le corps – effets et élimination »
- http://www.drogues-dependance.fr : « Les principaux produits », « L’alcool »
- http://sante.gouv.fr : « Alcool », « Toxicomanies ».


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Directeur de publication : Christine Joureau