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La presse payante VS la presse gratuite

jeudi 4 août 2011 par Joëlle Mirabaud

TPE réalisé en Première ES par BRUNEAU Anne, OLIVEIRA David et RAMARD Anne-Sophie

Sommaire
LA PRESSE PAYANTE :
- Comparons les 5 grands quotidiens payants choisis
- Parmi eux, détaillons l’historique puis l’organisation du Parisien, puis du Monde
- Précisons les caractéristiques du lectorat français correspondant
LA PRESSE GRATUITE :
- Etudions un quotidien gratuit (20 minutes) et son électorat
- Comparons avec un autre exemple : La Provence
- Répercussions et critique de la Presse Gratuite

Introduction
De nos jours le marché de la presse quotidienne n’est plus aussi fermé qu’auparavant. A la presse payante très conventionnelle et qui fait ses preuves depuis des années dans le monde, s’ajoute un nouveau concept : la presse gratuite. Symbole du renouveau et de la jeunesse, celle-ci envahit petit à petit la vie des citadins, se plaçant désormais comme un besoin et par la même occasion touchant les chiffres d’affaires des grands groupes de quotidiens payants et des marchands de journaux.
La presse gratuite presque aussi complète d’informations si ce n’est parfois plus que la presse payante ressemble de très près à son " ancêtre " sur plusieurs points que nous tenterons d’éclaircir au fur et à mesure de notre étude. En effet ce qui est intéressant dans ce sujet c’est le conflit qu’il existe entre ces deux formes de journaux qui fait intervenir la CGT (Confédération Générale des Travailleurs) pour faire valoir les métiers de journaliste et de marchand de journaux qu’entravent selon eux les quotidiens gratuits.
Alors à travers ce dossier, nous exposerons les différences entre ces deux type de presse en se basant sur leurs organisations, leurs lectorats, et même leur histoire. Dans une première partie, nous étudierons le fonctionnement de la presse payante en traitant cinq quotidiens : Le monde, Le parisien, Le Figaro, Libération et France Soir et plus particulièrement les deux premiers cités. Ensuite, dans une seconde partie nous verrons le fonctionnement des quotidiens gratuits à travers 20-minute, nouveau journal de l’Ile de France et La Provence, également un nouveau gratuit spécifique à la région marseillaise. Enfin nous conclurons en expliquant les caractères qui font que ses journaux portant très ressemblant dans leur concept, s’opposent radicalement.

Une grande différence sépare les deux groupes de journaux. L’un est exclusivement investi par la publicité, c’est grâce à elle que le quotidien fonctionne et donc que son contenu reste neutre. L’autre est le plus souvent investit par de grands groupes. En effet de cette façon, les quotidiens payants perdent complètement leur neutralité. A chaque fois qu’un patron désire acheter un journal, il a l’espoir de les mettre à leur service, puisque quelqu’un qui met de l’argent dans un journal veut être payé en retour. C’est ce que pense le patron du Nouvel Economiste en disant "lorsque nous avons acheté Le Nouvel Economiste, nous souhaitions qu’il nous apporte un certain plaisir". Donc pour qu’un quotidien fonctionne il faut qu’il se soumette aux volontés de son investisseur. Par exemple l’hebdomadaire Valeurs actuelles a consacré un dossier à l’aéronautique, pour le salon du Bourget. Il en fit quatre pages flatteuses et n’oublia pas de faire l’éloge du RPR Serge Dassault. Mais nulle part dans l’article, il était mentionné que cet hebdomadaire était la propriété de la famille Dassault. Encore plus flagrant, en révélant que Renault mettait ses ouvriers de son usine à la porte, le quotidien France Soir a été brusquement écarté de tous les plans médias du constructeur automobile. Parfois, la publicité amène donc aussi certains rédacteurs à réfléchir avant d’écrire leurs sujets. De plus certains titres sont même victime de boycott des agences de médias qui sont chargées de conseiller aux entreprises l’achat d’espaces publicitaires. C’est le cas de l’hebdomadaire Marianne qui selon les publicitaire possède une ligne éditoriale " trop politiquement incorrect " En conséquent son patron a dû augmenter le prix de vente de 1.50€ à 2.29€ pour " garder son indépendance et maintenir l’équilibre économique du titre ". Comme le rappel C. Lemieux " depuis les années quatre-vingt , les groupes ont investi afin de prendre le contrôle de journaux ". Cependant pour tenter de conserver les pouvoirs chez eux, les journalistes ont parfois créé des sociétés de rédacteurs, actionnaires principaux du titre. C’est le cas au Monde, à Libération, etc. Il devient alors difficile d’attirer des investisseurs pour développer le titre.

Il est donc intéressant de voir ce qu’il se passe au sein de quotidiens afin de savoir comment ils fonctionnent et s’organisent. Voyons d’abord de quelle manière peuvent se différencier les quotidiens payants.

LA PRESSE PAYANTE

Comparaison des cinq quotidiens choisis

Comparaison des journaux du 11 février SUJETS TRAITES PRIX VOCABULAIRE CARACTERE IMAGE COULEUR
Le Monde politique, justice 1,20€ soutenu petit caractère une caricature peu de couleurs
France Soir justice, fait médiatisé 0,75€ courant, familier gros caractère plusieurs images beaucoup de couleurs Libération politique 1,20€ courant gros caractère une grande photo + quelques illustrations coloré
Figaro politique, finance 1€ soutenu petit caractère quelques illustrations coloré
Aujourd’hui politique, sport 0,75€ courant gros caractère une photo, quelques illustrations beaucoup de couleurs

Un quotidien a besoin donc pour être premier sur le marché d’un prix raisonnable, de couleurs et de photos, d’être écrit en langage courant et bien sûr de posséder des rubriques qui traitent de politique, sport, problèmes de société. Les atouts principaux pour avoir un lectorat nombreux sont un titre accrocheur et de la couleur accompagnée si possible d’illustrations. Les titres accrocheurs se servent de notre curiosité pour attirer notre attention, car c’est la curiosité qui nous pousse à découvrir et à expérimenter. Les couleurs ont un effet sur le lecteur : les couleurs vives ont un effet excitant d’où le rouge sur la première page du Parisien. De plus le lectorat semble être moins attiré par le petit caractère, le vocabulaire soutenu et les rubriques traitant de sujets intellectuels caractéristiques du quotidien Le Monde.

Mais voyons de quelle manière s’opposent ces deux quotidiens dans leur fonctionnement même pour comprendre la différence de lecteurs.

Historique du Parisien
Le 22 août 1944, est le lancement du premier numéro du Parisien Libéré par Emilien Amaury et Claude Bellanger. L’objectif est de réaliser un journal " populaire de qualité ". Le prix de vente du numéro est de 2 anciens francs soit 2 centimes.
Le 20 avril 1955, Le Parisien Libéré réalise une première mondiale : une page quadri (publicité pour Perrier) avec pré-impression en héliogravure. (Procédé de formes d’impression gravées en creux) Le 10 mars 1960, début des éditions départementales : lancement de trois éditions dans l’Oise.
En mars 1975 : début du conflit du livre-CGT qui va durer 29 mois. Le Parisien Libéré compte alors 18 éditions départementales. Le conflit va provoquer un effondrement des ventes qui vont passer de 682.000 à 303.000 exemplaires.
En 1985, Le Parisien Libéré en tête des quotidiens de Paris avec 342.000 exemplaires. Lancement des éditions de Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne.
Le 25 janvier 1986, Le Parisien Libéré devient " Le Parisien " et passe à la couleur.
Le 26 octobre 1989, lancement de la nouvelle formule : format berlinois au format Tabloïd.
En 1990, " La nouvelle Formule " connaît des difficultés commerciales liées à l’évolution trop rapide de contenu rédactionnel du journal.
En 1991, recentrage et clarification du journal. Le journal adopte une nouvelle signature : " Le Parisien, les idées claires chaque matin. "
En 1992, Le Parisien devient le deuxième quotidien français derrière Ouest-France avec 394.286 exemplaires.
Le 5 janvier 1994, Le Parisien se recentre sur son territoire : l’Ile-de-France et l’Oise. Création d’un quotidien " Aujourd’hui " vendu au prix de 3,50 francs dont la diffusion est nationale.
Le 7 mars 1995 : Nouvelle maquette.
En octobre 1997, les éditions départementales du Parisien adoptent l’une après l’autre une nouvelle formule. Des rubriques distinctes apparaissent : la vie du département, la vie des villes, les faits divers, les sports, les loisirs. Ce chantier durera jusqu’en mars 1998.
Le 7 septembre 1999, nouvelle maquette. Elle permet de simplifier, de dynamiser et de renforcer la qualité de lecture du Parisien. Elle propose plus de pages en couleurs (jusqu’à 16) et une représentation qui permet une meilleure hiérarchisation de l’information. Les 10 éditions du Parisien sont désormais imprimées sur le nouveau site.
Le 17 octobre 1999, sortie historique du premier Parisien Dimanche. Le Parisien est désormais disponible 7 jours sur 7.
Le 27 octobre 1999, première campagne de publicité destinée aux jeunes dans les salles de cinéma. Quatre spots ayant pour signature : " Le Parisien, il vaut mieux l’avoir en journal ".
Le premier mars 2000, le prix de vente du Parisien est désormais de 5,10 francs et celui du Parisien Dimanche de 6,10 francs.
En décembre 2000, Le Parisien Dimanche atteint 181.582 exemplaires et dépasse le Journal du Dimanche sur Paris Petite Couronne et Grande Couronne.
Le 12 mars 2001, record de ventes des 25 dernières années en ventes au numéro pour Le Parisien : 687.127 exemplaires vendus lors du premier tours des élections municipales.
Le 5 octobre 2001, tous les vendredis, les lecteurs disposent du TV Hebdo (magazine de programmes télé) avec Le Parisien.
Le Parisien est un quotidien qui a sans cesse évolué en changeant sa présentation de nombreuses fois en insérant de nouvelles couleurs. Chaque fois ces changements ont le même but, celui d’attirer un lectorat toujours plus nombreux. Etudions l’organisation que nécessitent ces tels changements :

Organisation du Parisien
Le Parisien possède déjà une bonne rédaction qui nécessite trois cent journalistes et quelques pigistes (journaliste payé au nombre de lignes), accompagnés de correspondants nationaux et étrangers qui permettent un rapprochement plus facile avec l’actualité. De plus les services photo, documentation sont en collaboration avec la rédaction qui est elle-même en relation avec les services de fabrication du journal. En ce qui concerne le choix des rubriques, il s’adapte aux évolutions sociales et culturelles de la société pour enfin être testé et soumis à des enquêtes auprès des lecteurs. Comme le dit si bien le journal Le Parisien "la mission de rédaction se résume en trois mots : Informer, Distraire, Rendre service".

Voici un exemple de déroulement d’une journée au sain de ce journal :
- A 10h30 une conférence de rédaction a lieu, où chaque responsable de rubrique se réunit dans le but de critiquer le journal du jour, et de proposer différents sujets susceptibles d’être dans le prochain.
- A 11h30 a lieu la conférence de pagination (numérotation des pages) dont le responsable répartit les pages attribuées à chaque rubrique en fonction de l’actualité et l’espace réservé à la publicité.
- De 11h30 à 16h30 les journalistes collectent les informations correspondant à leurs articles. Leurs sources d’informations sont diverses : enquêtes, contacts directs ou téléphoniques… Quant aux photographes, ils accompagnent les rédacteurs sur le terrain, apportant ainsi une illustration comme complément d’information.
- A 16h30 la conférence des secrétaires de rédaction a lieu. Ce sont des journalistes concevant la mise en page du journal. Ils dressent le plan de ce que sera le journal du lendemain.
- A 18h30 on réalise enfin la Une, " vitrine du journal ".
- A 22h00 le journal est presque prêt, quelques modifications peuvent encore être apportées mais elles ne paraîtront que dans les dernières éditions à imprimer.
- A 23h45 c’est le début de l’impression.
- De 2h00 à 4h00 les journaux sont livrés.
- A 5h00 les journaux sont mis en vente chez les marchands.
- Avant 7h00 les abonnés sont livrés à domicile.

On remarque que l’élaboration d’un journal nécessite beaucoup de travail, celui-ci est continu. Il reste tout de même à savoir si d’autres journaux fonctionnent sur le même procédé et si les conséquences sont identiques, comme le nombre de diffusions et quel type de lecteur touchent-ils, aussi allons nous étudier un autre exemple.

Historique du Monde
En 1944, création du monde. L’idée vient du Général De Gaule : au lendemain de la Libération, il faut en France un organe de référence, sérieux et crédible à l’étranger pour remplacer Le Temps (un quotidien déchu). Le premier numéro du Monde paraît le 18 décembre 1944 sur une grande feuille recto verso : le papier est rare. La rédaction se forme autour du noyau des anciens du Temps auxquels se joignent de jeunes résistants, des déportés, des prisonniers libérés. Le 20 décembre, Le Monde tire 147 190 exemplaires.
Le 13 avril 1948, Le Monde porte le numéro 1 000. Le tirage en moyenne annuel est de 163 861 exemplaires. Mais la situation reste précaire.
Le 14 décembre 1957, Le Monde publie un rapport de la commission de sauvegarde des droits et libertés individuels en Algérie. Trois semaines plus tard le journal fut saisi par Robert Lacoste, ministre résident en Algérie.
Début 1962, Le Monde s’attire l’hostilité des partisans de l’Algérie française : le directeur et le rédacteur en chef sont visés par des attentats.
En 1958, le gouvernement institue un " contrôle préventif " de toutes les publications. En signe de protestation, Hubert Beuve-Méry retire son nom à la " une " du 27 mai au 6 juin
Le 2 février 1959, Le Monde devient propriétaire de ses rotatives, de ses murs de la rue des Italiens et de ses meubles.
En 1964, les nouvelles rotatives sortent à l’heure 150 000 exemplaires, soit deux fois plus qu’en 1944.
En mai 1968, le Monde devient le journal de la jeunesse universitaire. Malgré la grève générale, il atteint, grâce à une foule de distributeurs bénévoles, des tirages qui culminent à 800 000 exemplaires. Fin mai 1968, devant la menace de commandos d’extrême droite, le personnel du quotidien transforme l’immeuble en bastion, défendu jour et nuit.
En 1969, Hubert Beuve-Méry se retire, après ving-cinq ans passés à la tête du journal. Jacques Fauvet, 55ans, qui a longtemps dirigé le service politique avant de devenir rédacteur en chef, lui succède. Le chiffre d’affaires en francs constants a triplé, le tirage a doublé depuis 1958, comme le chiffre de salariés.
En 1979, les ventes du Monde atteignent 445.372 exemplaires en moyenne annuelle, le plus fort niveau depuis 1944. Le journal consolide sa place de troisième quotidien français en termes de diffusion derrière Ouest France et France soir.
Au début des années 1980, Le Monde montre des signes de fatigue. Le mandat de Jacques Fauvet expire en 1982., et les consultations pour lui trouver un successeur commencent. C’est la première fois qu’une telle responsabilité incombe à la rédaction d’un grand journal. Après la nomination comme gérant de Claude Julien, rédacteur en chef du Monde diplomatique qui finalement y renonce, c’est André Laurens, chef adjoint du service politique qui devient directeur-gérant unique. Face à la situation difficile, il décile de se retirer le 20 décembre 1984.
Le 21 janvier 1985, c’est André Fontaine, entré au Monde en 1947, chef du service de politique étrangère puis rédacteur en chef depuis 1969, qui est élu directeur-gérant. Une partie du plan proposé par André Laurens est reprise et amplification : vente de l’immeuble de la rue des Italiens, diminution drastique du personnel, qui accepte une réduction des salaires de 10% en moyenne, amélioration progressive de la présentation du journal.
Le 30 novembre 1985, c’est les portes ouvertes du journal qui attirent quelques 12 000 personnes rue des Italiens. La société des lecteurs du Monde, qui vient d’être fondée sous la présidence d’Alain Minc, lance un appel public à l’épargne qui réunit près de 15 millions de francs.
Le 21 mars 1987, près de 4 000 actionnaires participent à la première assemblée générale de la société des lecteurs qui a lieu à la Villette. Après les lecteurs, c’est bientôt le tours des entreprises. De grandes sociétés deviennent actionnaires du Monde en rejoignant Le Monde entreprises. La réorganisation administrative amène la création avec Régie Presse d’une filiale, Le monde Publicité, dans laquelle le journal possède 51% du capital. Sur le plan rédactionnel, une recherche plus poussée de l’information notamment dans l’affaire du Rainbow-Warrior aboutissent à une remontée des ventes, qui se fait sentir à partir de l’automne.
En 1989, Le Monde, pour assurer son développement, décide de moderniser ses moyens de production et construit une nouvelle imprimerie à Ivry-sur-Seine. Hachette entre à hauteur de 34% dans le capital de la nouvelle société Le Monde Imprimerie. C’est également l’année où Le Monde rénove sa présentation : il est imprimé en couleur. En janvier 1990, les services commerciaux et administratifs s’installent à côté de l’imprimerie à Ivry. En avril, la rédaction et les services associés quittent à leur tour la rue des Italiens pour un nouvel immeuble, rue Falguière, dans le quinzième arrondissement de Paris. Les journalistes disposent d’un système rédactionnel entièrement informatisé.
En 1991, après plusieurs mois de débats internes, les associés de la SARL désignent à l’unanimité Jacques Lesourne comme successeur d’André Fontaine. C’est la première fois qu’une personnalité non issue de la rédaction est désigné comme directeur. Il prend les rênes au moment où le marché publicitaire entre dans une phase dépressive et n’arrive pas à enrayer une inexorable érosion du lectorat.
Le 4 mars 1994, Jean-Marie Colombani succède à Jacques Lesourne. Entré au Monde en 1977 au service politique, rédacteur en chef depuis plusieurs années, il est élu alors que la récession du marché publicitaire s’est confirmée et que la rédaction est en quête d’un projet rédactionnel. Face à ces difficultés, il lance le défit du " nouveau Monde ". Tandis que le journal s’apprête à fêter son cinquantième anniversaire en organisant à travers la France une exposition itinérante, les bases d’un redressement économique durable sont dessinées. Du statut de SARL, l’entreprise se transforme bientôt en SA à directoire et conseil de surveillance, pour accueillir de nouveaux actionnaires. La recapitalisation décidée permet de recueillir 295 millions de Francs tout en renforçant l’indépendance du titre et la pluralité et la diversité de son actionnariat.
Le 9 janvier 1995, apparaît le premier numéro de la nouvelle formule du quotidien. Il ne s’agit pas de faire un nouveau journal, mais de faire " un Monde meilleur " déclare Jean-Marie Colombani : avec une information d’avantage hiérarchisée, une maquette plus rythmée, un nouveau caractère plus lisible et agréable. Des pages Horizons, Aujourd’hui et Entreprises seront crées. Le succès auprès des lecteurs est immédiat et se confirme avec une nette augmentation des ventes (+6,7%).
En janvier 1996, sous l’impulsion d’Edwy Plenel, nommé directeur de la rédaction, le quotidien s’efforce d’être le plus réactif possible. Il s’enrichit d’une page quotidienne consacrée aux régions, d’une page traitant des médiats et de la publicité, d’une page dévolue aux modes de vie. Une fois par semaine, plusieurs pages permettent de faire le point sur l’actualité cinématographique. La plupart des suppléments sont repensés. Des cahiers Styles font leur apparition. Dans le même temps, le site Internet du journal se développe. Non seulement le succès éditorial se confirme, mais Le Monde retrouve le chemin de l’équilibre des comptes. Toute l’admiration, jusqu’alors établie à Ivry, à proximité de l’imprimerie du journal, a rejoint la rédaction rue Claude-Bernard, dans le cinquième arrondissement de Paris, de même que l’équilibre de la publicité.
En 1998, Jean-Marie Colombani fait approuver le principe et les modalités d’une augmentation du capital de 20 millions de Francs sur deux ans, réservée aux salariés de l’entreprise. L’objectif est de donner aux salariés les moyens d’acquérir des actions du Monde SA et de consolider la place déterminante que les sociétés de personnels occupent dans le capital du Monde. L’entreprise se consacre à l’intéressement entre 8% et 20% de son résultat d’exploitation, selon le niveau des bénéfices.
En 2001, un nouveau supplément hebdomadaire, " Le Monde Argent " vient compléter la gamme des seconds cahiers. Ce supplément renforce ainsi l’offre de lecture du week-end. Parallèlement, Le Monde commence à se préparer à l’entrée en bourse et modifie ses statuts juridiques. En octobre, la Société des rédacteurs et les autres sociétés de personnels approuvent le projet boursier.
Le 14 janvier 2002, Le Monde s’impose un nouveau défi et lance une formule rénovée non seulement en termes de maquette mais aussi en terme de contenu : désormais, une page quotidienne est consacrée à l’actualité de l’Union européenne, l’information sur la vie économique, les aventures industrielles. La maquette est plus rythmée et l’information fortement hiérarchisée.
On remarque grâce à cette frise chronologique du Monde, qu‘il a été plusieurs fois confronté à des ventes plutôt donc il a fallu se remoderniser en ajoutant de nouvelles rubriques plus spécialisées par exemple dans la mode et la bourse. Il cherche à se diversifier en ouvrant un site ou en ajoutant un supplément. De plus on notera que ce quotidien a dû payer cher pour garder son indépendance. Il reste à savoir comment se passe le fonctionnement de ce quotidien.

Organisation du Monde
Voyons désormais comment s’organise l’élaboration du journal Le Monde sur 2 jours. En effet , ce quotidien organise, pour chaque édition , son travail sur en 2 parties.
- A 12h00 : premiere conférence de rédaction l’édition du jour a été bouclée a 10h30. Lors de la première conférence de rédaction, ouverte a tout public, les grandes lignes du quotidien du lendemain sont tracées. Après un rapide retour sur ce qui a été réalisé dans la matinée le tour de table avec les chefs de séquence peut commencer.
- A 12h15 : premiers exemplaires Durant la conférence de rédaction, arrivent les premiers exemplaires du quotidien qui ont été imprimés sur les rotatives d’Ivry-sur-Seine.
- A 15h00 : certains sont sur le terrain, d’autres discutent des sujets à traiter, des illustrations à utiliser. Il faut demander que soit réalisée une infographie pour la Convention sur l’avenir de l’Europe, une courbe sur les cours de monnaies.
- A15h30 : on prépare le journal pour le lendemain. Certaines pages seront bouclées le soir même, notamment Horizons, Culture, Aujourd’hui, une partie des pages de services.
- A 16h00 : écrire, vérifier Sur leurs terminaux d’ordinateurs, les rédacteurs rédigent des articles, des commentaires, rassemblent les brèves, consultent les agences de presse. Il faut tout vérifier, croiser les informations.
- A 16h30 : deuxième conférence de rédaction Deuxième réunion quotidienne pour préparer le journal du lendemain.Les chefs de séquence et les éditeurs sont présents. Les sujets sont précisés. L’actualité oblige souvent à bousculer ce qui était prévu.
- A 19h00 : fin de journée Certains articles devront être prêts pour le lendemain dès la première heure. A la nuit tombée, on s’active encore.Dans le bureau de la direction artistique,il reste des détails de présentation à régler.
- A 20h00 : Une dernière page est finalisée à l’écran par un opérateur. Le responsable de l’édition des pages " froides " de l’après midi vise le " bon a tirer " avec l’éditeur. Dans la salle du central d’édition, on annonce que " c’est lavé " terme traditionnel qui indique que le travail de la journée est achevé.
Le lendemain :
- A 6h00 : Les correspondants finissent d’envoyer leurs textes. Les rédacteurs,qui ont écouté les radios et parcouru la presse, échangent leurs premières réactions surl’actualité.
- A 07h30 : Troisième conférence de rédaction Chaque chef de séquence présente " menu ", c’est-a-dire ce qui est prévu dans les de l’édition du jour. Les sujets de la " une " et l’éditorial sont choisi après discussion avec Jean-Marie Colombani (directeur de la publication) et Edwy Plenel (directeur de la rédaction).
- A 7h45 : les bobines sont acheminées a l’imprimerie.
- A 8h00 : Au pôle central de l’édition et dans les séquences,les chefs de service font un bref compte-rendu rédactionnelles prises lors de la conférence de rédaction du matin. La longueur des articles est vite déterminée.
- A 9h00 : Sauf coup de théâtre, la " une " et le " chemin de fer " ne changeront plus. Il ne reste plus que 1h30 pour rédiger les articles, ajouter une information. Les premiers textes, relus, titrés sont transmis chez les examinateurs.
- A 9h30 : Dans les bureaux du Monde Publicité, on fait le point sur les dernières tendances de la publicité commerciale, et on organise une série de rendez-vous par téléphone. Ailleurs on règle un problème juridique, on prépare une campagne de promotion ou l’on établie des relances d’abonnement.
- A 10h15 : On corrige les problèmes d’orthographe. Certains correcteurs ont des connaissances particulières, par exemple en art, politique ou économie.
- A 10h30 : Au pôle central d’édition, les éditeurs et les correcteurs procèdent aux retouches de dernière minute : un titre peut encore être changé. A l’imprimerie :
- A 10h30 : Les pages sont transmises a Ivry-sur-Seine sous forme de fichiers numériques par lignes spécialisées. Ils sont copiés par le système " computer to plate ". le positionnement sur les cylindres des rotatives est indiqué par code-barres.
- A 11h00 : les rotativistes calent les plaques. L’encrage et le mouillage du papier sont réglés à distance

Caractéristiques du lectorat français
Chaque journal touche un public particulier en fonction de son âge, de sa profession et de son sexe. Si on prend comme exemple Le Monde, en 2000 l’audience des femmes s’élevait à 845.000, soit 42.4% de ses lecteurs contre 57.6% d’hommes, ce qui en fait le quotidien national des femmes. Il est intéressant pour un journal de savoir le profil de son lecteur. Pour cela des études de lectorat ont lieu, permettant ainsi d’identifier les lecteurs selon des critères socio démographiques et professionnels. Ceci permet à chaque journal de ne pas se tromper de support pour mieux cibler le lecteur. Alors nous pouvons qualifier le lectorat du Monde de " décideurs ". En effet, un lecteur sur trois est un cadre supérieur soit 794.000 personnes. On peut l’expliquer par le choix des rubriques intellectuelles : entreprise, communication, finance, bourse. De plus la jeunesse caractérise le lectorat puisque 35.6% des lecteurs ont moins de 35 ans et 65% d’entre eux ont fait des études supérieures. Le Monde est également très présent dans tous les établissements scolaires. En ce qui concerne le Parisien, son lectorat s’enrichit continuellement, c’est à dire qui se renouvelle puisque 33% des lecteurs le lisent depuis moins de 5 ans et 37% le lisent depuis plus de 15 ans. En outre, les lecteurs sont conformes à la population d’Ile-de-France en terme d’âge. En effet, ils sont plutôt jeunes : plus de 64% ont moins de 50 ans. En terme de CSP (catégorie socioprofessionnelle), ils sont aussi conformes car 33% des lecteurs appartiennent à la catégorie des cadres et professions intermédiaires. Le journal est cependant un peu plus lu par les ouvriers, les employés et les retraités. Nous pouvons donc dire que chaque journal à son propre lectorat ; celui du Monde étant jeune et instruit et celui du Parisien jeune et actif.
La presse occupe une place importante dans notre société. En effet, les Français font confiance à la presse lorsqu’il s’agit d’une information locale. Tout cela traduit l’état d’esprit des français puisqu’ils ont besoin de voir et de lire pour donner corps à l’information. (57% croient à la fiabilité de la télévision en ce qui concerne les informations internationales contre 24% pour la presse). Sur 18.5% de la population, 16.9% des lecteurs lisent un journal une à deux fois par semaine. Le lieu consacré à cette lecture est le plus souvent le domicile.
Ce que nous pouvons retenir de ces différentes études c’est que plus un journal possède un vocabulaire courant, affiche un prix abordable, plus le public est nombreux, jeune et actif. Cependant l’organisation du journal Le Monde est hautement élaborée et beaucoup plus étalée : deux jours par rapport au Parisien qui ne compte qu’un seul jour, expliquant un coût plus élevé. La place de la presse au niveau d’autres médias dévalue à cause de l’évolution d’Internet, du téléphone mobile, et l’existence de la télévision. Les chiffres montrent que depuis 1999 les Français apporte moins d’importance à la presse. Par exemple l’évolution de la diffusion du Parisien n’est que de 355.316 en 2000 alors qu’elle atteignait 360.100 en 1998. Cette diminution a pour principale cause l’apparition de la presse gratuite depuis quelques années. Voyons de quoi elle résulte.

LA PRESSE GRATUITE : un phénomène mondial


Aujourd’hui plus de 60 quotidiens gratuits d’information sont publié dans le monde, ils sont sur tous les continents dans plus de 15 pays, ce sont la nouvelle génération des quotidiens.
D’un phénomène de mode en 1995, ils sont devenus un axe de diversification majeure pour les grands groupes de presse. C’est déjà le cas pour Associated New Paper en Grande Bretagne ou Grup Correa en Espagne. Tous ces éditeurs ont intégré un élément fondamental de la presse gratuite : de qualité, loin d’affaiblir la presse traditionnelle en visant les jeunes lecteurs, elle crée l’audience de demain.
L’expérience à travers le monde montre que les quotidiens d’information gratuits se positionnent comme efficaces compléments de la presse payante. Ils séduisent avant tout des lecteurs jeunes, qui n’avaient jamais ouvert un journal auparavant et font naître en eux une nouvelle soif d’informations. C’est une des raisons pour lesquelles de plus en plus des groupes de presse traditionnels investissent dans le secteur des quotidiens d’information gratuits qu’ils considèrent, en plus d’être une alternative à la radio, à la télévision et à la presse magazine, comme des médias de conquêtes tout du point de vue de l’audience que l’offre commerciale.
Compact et complet, le statut de quotidien à part entière est désormais indispensable à ces journaux.

Exemple d’un quotidien : 20 minutes
- 20minutes est un quotidien qui a choisi la diffusion gratuite pour rencontrer son audience, ce n’est pas un produit de marketing gratuit qui se trouve être un journal. C’est un quotidien à part entière avec des fonctions précises comme informer, distraire et rendre service pendant le temps passé dans les transports en commun.
- 20minutes est crédible et indépendant de tout groupe de pression. Ses journalistes sont des professionnels, titulaires de la carte de presse, issus de la presse quotidienne ou périodique.
- 20minutes est pourtant plus proche du format magazine que de celui du journal, avec son format A4 et un maximum de couleur. C’est un quotidien moderne, lisible, qui s’adresse à une population toujours plus mobile, impatiente et exigeante. La charte de 20minutes est basée sur des articles plus courts, une présentation claire, lisible et rythmée donnant accés à l’information. Ce quotidien compte 32pages couleur, avec un code spécifique en fonction des sections et des types d’information.
- Le statut de quotidien à part entière est indissociable de la notion de complétude. Le public actuel est trop exigeant. En dépit de sa compacité., 20 minutes est construit sur une structure classique : des séquences d’actualité en première partie de joumal (Paris, France, Monde, Economie, Sport) glissant progressivement vers le ludique et le pratique. Pour certaines informations services (comme celles concernant les transports où se situe la majorité de son lectorat) il entend devenir un outil du quotidien. Chaque semaine, le quotidien proposera des pages spécifiques comme "Emploi et Eco pratique" ou "20 idées pour bouger sur Paris", tout ceci en accord avec les besoins de son lectorat (ses sentiments sur l’actualité et les grands enjeux de la société). Ainsi l’objectif de 20 minutes est d’avoir d’ici cinq ans au moins un lecteur sur deux de moins de 3 5 ans.
- 20 minutes est un annonceur au confluent de plusieurs médias : il bénéficie de la souplesse de la radio, de la proximité de l’affichage et du format compact et couleur de la presse magazine. Tout ceci le rend donc puissant, compétitif et efficace à la recherche d’un lectorat très ciblé. 20 minutes est distribuée au cœur de la ville auprès d’une population de 20-40 ans urbaine et mobile, peu lectrice de presse quotidienne mais consommatrice de médias et d’informations proches de ses centres d’intérêts. La méthodologie qui définit le choix des zones de distribution, permet à 20 minutes de cibler et de toucher cette nouvelle audience. 20 minutes offre aux annonceurs la possibilité de diffuser largement à une population attractive des messages ciblés. On voit que ce quotidien se donne des objectifs précis, et grâce à une technique poussée et réfléchie, il arrive à les atteindre. Ses caractéristiques sont claires. Il est bel et bien décidé à se faire une place parmi les quotidiens français.

Son lectorat : toute une technique
20 minutes a choisi sa cible : les jeunes, les actifs et les femmes. Cette cible fait parti du potentiel de non-lecteurs qui représente environ cinq millions de personnes. Alors 20-minutes se distribue au cœur de la ville auprès d’une population âgée de vingt à quarante ans, urbaine et mobile qui est consommatrice de médias et d’informations proches de ses centres d’intérêts. La méthodologie qui définit le choix des zones de distribution, en utilisant la méthode du géomarketing, ainsi que le mode de procuration permet à ce quotidien de cibler et de toucher cette nouvelle audience. 20-minutes, pour accomplir son objectif a donc fait fabriquer quatre cent présentoirs, la plupart présents dans les transports en communs à Paris qui accueille chaque jour plus de deux millions de franciliens. Le but de son système de distribution est de maximiser les lieux et les moments de rencontre avec le lecteur par une présence accrue sur les lieux à forte densité de trafic et en simplifiant l’accès au titre d’où la présence de nouveaux présentoirs. Il occupe aussi désormais des sites sélectionnés comme les universités, les parkings. Il est rentré dans le quotidien des français.
D’autres quotidiens sont fort ressemblants avec celui-ci, mais nous allons étudié un gratuit qui se préoccupe de la région de la Provence-Côte d’Azur pour s’assurer que son fonctionnement est le même et que son lectorat soit identique.

Autre exemple d’un quotidien gratuit : La Provence
La Provence est un nouveau quotidien gratuit qui vient de commencer à publier ses premiers exemplaires
- 8h : le service photo n’a pas d’horaire, ce sont les événements à couvrir qui commandent.
- 9h : la gestion du service de distribution est bien sûr informatisée. C’est ainsi que les changements d’adresse, temporaires ou définitifs, se font sur ordinateur. Un peu plus tard dans la matinée, les ventes enregistreront de la même manière la demande de ressort des points de distributions.
- 10h : première conférence de rédaction au siège. Elle réunit les chefs de service et leurs adjoints autour de la rédaction en chef ; les chefs d’agence y participent par téléconférence. Au cours de cette première réunion de la journée, est effectué un tour de l’actualité pour décider du traitement approprié.
- 11h : à Eurosud, la saisie des annonces classées bat son plein, une dizaine de secrétaires commerciales prennent par téléphone jusqu’à 17h les " Petites annonces " qui paraîtront le lendemain. Leurs homologues des différents guichets, à Marseille et dans toute la zone de diffusion, reçoivent le public pour collecter ces mêmes annonces classées.
- 12h : un documentaliste trie toutes les photographies pour déterminer celles qui seront archivées. Dans le même temps, ses camarades de la " doc " découpent et archivent articles " maison, grands discours, notes et documents." Un travail que l’informatique est en train de totalement révolutionner.
- 14h : à Avignon, l’équipe des sept secrétaires de rédaction est au travail.
- 15h : au siège, les clavistes entrent sur ordinateur les articles des correspondants des Bouches-du-Rhône. A Avignon et à Manosque, leurs homologues font la même chose pour les correspondants de leur zone.
- 16h : deuxième conférence de rédaction de la journée. Il s’agit de vérifier le bien fondé des choix antérieurs, d’arrêter les grands titres de la " Une " et son illustration, de s’assurer que tous les développements des grands dossiers du jour ont pu être conduits de façon satisfaisante.
- 17h : tous les journalistes disposent d’un écran sur lequel ils peuvent lire les dépêches de l’agence France-Presse (AFP) couvrant l’actualité du monde entier soit quelques 1.200 textes. On disait avant que les nouvelles " tombaient " sur les téléscripteurs ; elles entrent aujourd’hui directement dans l’ordinateur.
- 18h : dans toutes les rédactions des quotidiens, c’est l’heure de " bourre ". Les journalistes rentrent pour taper leurs articles. La physionomie du journal est bouclée ou presque car la force de la presse quotidienne, c’est sa puissance de rédaction à l’événement tardif de dernière minute.
- 19h : au siège technique, les metteurs en page finalisent sur écran graphique les pages des " premières éditions " ; ils y intègrent les photos scannées dans les agences et transmises directement à Marseille.
- 22h : l’équipe des sténos est sur les dents les soirs de matches en nocturne. Chacun mène une véritable course contre la montre pour que les lecteurs, le lendemain , soient aussi informés que s’ils avaient assisté aux rencontres.
- 23h : dernier maillon avant les rotatives : la fabrication des plaques. La chaîne technique s’est poursuivie après la mise en page sur écran : bon à tirer du journaliste et sortie du film sur photocopieuse. Maintenant, le service copie assure la transformation du film en plaque, qui sera positionnée sur la rotative.
- 00h : les rotatives lancent les premières éditions, celles qui sont géographiquement le plus éloignées de l’imprimerie marseillaise. Elles vont tourner jusqu’à 3 heures pour imprimer les quatorze éditions de la " " Provence ".
- 01h : en semaine, les paquets de journaux sont confiés à l’Aérospostale ; le samedi, c’est la compagnie Air Provence qui prend le relais..
- 02h : les quotidiens sont triés par destination géographique, enfermés dans de gros sacs et livrés par camion aux centres de tri postal de la région.
- 03h : toute la nuit, on charge les voitures, alignées en bon ordre devant la salle des expéditions, dans l’attente de leurs contingents quotidiens. Les paquets sont conditionnés automatiquement ; des tapis roulants les amènent directement à l’intérieur des voitures.
- 04h : le ballet des voitures de livraison s’achève.
Cette organisation est différente des journaux payants car le travail des journalistes est plus restreint, le plus souvent ils se servent des dépêches installées sur ordinateur. Seulement le quotidien dépend des autres et donc sa mise en page peut être retardée de plusieurs heures.

Répercussion de la presse gratuite et sa critique
La presse gratuite cause de nombreux dégâts selon la CGT qui s’inquiète pour toutes les professions. En effet depuis l’apparition de la presse gratuite en France, les marchands de journaux ont baissé leur chiffre d’affaire et ils en sont mécontents. La CGT désire que les éditeurs se plient aux conventions professionnelles, par exemple de ne plus imprimer moins cher.
Métro, journal suédois a lancé lundi 11 février ses premiers exemplaires à Marseille et à Paris. La CGT a donc détruit 50.000 exemplaires car une quarantaine d’ouvriers se sont introduis au siège de l’imprimerie à Châteaurenard, celui de Marseille. Pareillement à Paris seulement 200.000 exemplaires ont été distribués au lieu de 300.000 puisque plusieurs tentatives d’intimidation subies par des porteurs, ont été obligés d’abandonner leur stock. De plus certains porteurs se sont vus être obligés de disperser leurs journaux sur la voie publique. La plupart des présidents des journaux gratuits se défendent devant la CGT se rappelant que "dans les villes où ils ont été lancés, les gratuits sont majoritairement lus par de jeunes actifs, surtout des femmes, qui habituellement ne sont pas de grands lecteurs". Quant au secrétaire général de la CGT, il est déterminé à poursuivre ses actions tant que ces journaux ne seront pas fabriqués ni distribués par des entreprises de presse.
De la part des quotidiens payants, les quotidiens gratuits reçoivent de nombreuses critiques notamment Métro, qui s’installe selon le président du Monde dans des conditions de dumping économique et social. Alors ceci a pour conséquence de dévaloriser l’information puisqu’il la rende gratuite, et le journaliste est dévalué. En effet la plupart des quotidiens gratuits se fabriquent sans journaliste, ils ne traitent que des dépêches. Le président qualifie ce procédé comme "la mort du journalisme". Cependant 20-minutes restent le seul qui possède une équipe d’environ vingt-cinq journalistes car il travaille avec d’autres pays.
On peut expliquer la réticence des journaux payants envers leurs "adversaires" par une tentative de négocier avec eux. En effet certains groupes de presse auraient voulu s’associer comme Le Monde et 20-minutes pour tenter de travailler dans les mêmes conditions. Malheureusement à cause de leur procédé qui repose sur le dumping, cette négociation n’aura pas eu lieu. Néanmoins le président du Monde est confiant en l’Etat français en ce qui concerne leur disparition. Déjà certains pays, comme l’Angleterre ne tolère la distribution des gratuits qu’avant l’ouverture des kiosques, car L’Etat aurait pris conscience de leur ampleur sur la presse payante. Quant en Allemagne, elle refuse toute distribution de ces quotidiens.
Fermement les dirigeants des gratuits répondent que s’ils se voyaient interdits de publier leurs journaux, la constitution serait bafouée car on ne prendrait plus en compte les libertés de la presse et d’expression. De plus, cette nouvelle presse a un bon objectif celui d’initier les jeunes à la lecture encore peu intéressés de nos jours.

Conclusion
En conséquence, nous pouvons remarquer que la presse gratuite fonctionne sur un modèle ancien en ce qui concerne la mise en oeuvre de leurs quotidiens d’où un lectorat plus âgé et moins actif que celui des payants. Ceci est dû à un grand vécu mais nous pouvons remarquer qu’à plusieurs reprises, ils tentent de renouveler leur mise en page et d’insérer d’autres journaux. L’ajout de couleurs est important, il n’y a qu’à voir le Parisien qui possède le plus de couleurs significatifs de son importance sur le marché, car il sert à maintenir son lectorat. La société française a soif de nouveau comme tous les autres Etats De plus, les payants ont rencontré et rencontre encore des déboires avec les investisseurs. Les quotidiens sont sans cesse sous pression afin de satisfaire leurs désirs et de déclarer une opinion qui n’est pas toujours partagée. Cependant on rappelle que quelques quotidiens ont préféré garder leur indépendance comme Le Monde et France Soir qui leur vaut peut-être le succès.
Certes la presse gratuite entraîne de grandes conséquences depuis son arrivée, mais elle a un bon objectif bien précis , celui d’initier la population jeune à la lecture. Il est vrai que depuis plusieurs années les jeunes se sont désintéressés de la lecture et des informations. C’est un moyen de conserver un contacte avec leur environnement et de les cultiver.
Ces deux types de presse convergent sur un autre plan qui est l’élaboration d’une stratégie de la part des gratuits. En effet, ils se doivent d’être à la portée de tous citadins et au regard de tous. Nous avons vu leur installation afin de remplir leur objectif. Nous pouvons la qualifier de complément de la presse payante. Car cette dernière a déjà acquis son lectorat, il ne lui reste plus qu’à le conserver.


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Lycée Jules-Hardouin Mansart de Saint Cyr L’Ecole (académie de Versailles)
Directeur de publication : Christine Joureau